Debout dans la salle du trône, l’Empereur a revêtu son grand costume de sacre. De sa main droite, il prête serment sur le globe impérial, la main de justice et le code civil, dont il est l’auteur. Ce dernier détail obéit à la nature de la commande, puisque ce portrait, réalisé en trente-six exemplaires, devait présider les cours de justice. Face à l’ampleur de la tâche, Girodet sollicite largement ses élèves, se réservant l’exécution des mains et du visage.

Dans le cadre de la campagne du « Plus Grand Musée de France » lancée par la Fondation Sauvegarde de l’Art Français, ce tableau du Musée d’art et d’histoire de Melun fait partie des 3 oeuvres de la Région Île-de-France sélectionnées pour bénéficier d’une restauration. 

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Musée d'art et d'histoire  Le musée d’art et d’histoire de Melun est situé sur l’île Saint-Etienne. Il est consacré à l’histoire de la ville.
Musée d'art et d'histoire Le musée d’art et d’histoire de Melun est situé sur l’île Saint-Etienne. Il est consacré à l’histoire de la ville.

 

 

Le Barbershop

Dans les échoppes des barbiers, afin de passer le temps en attendant leur tour, les messieurs avaient l’habitude de chanter à plusieurs, entonnant des mélodies populaires. Chacun y ajoutait sa touche personnelle, selon son timbre de voix et l’inspiration du moment. Improvisant sur le thème principal, ils créaient ainsi des pièces uniques et éphémères, pour le plus grand bonheur des clients et des passants. Ce style, qui venait de naître, connut son apogée à l’aube du XXe siècle, avec des quatuors Barbershop qui se produisaient dans des comédies musicales et des spectacles de music-hall.

Moustaches et costumes rayés

Ce portrait serait incomplet si l’on omettait de préciser que les quatuors Barbershop soignent particulièrement leur tenue vestimentaire (costumes rayés, moustaches ou chapeaux extravagants) et leur jeu de scène (mimiques comiques ou expressives). Historiquement, ce style a toujours privilégié les chansons populaires et les airs connus. C’est l’harmonisation, la tessiture des voix et le talent des interprètes qui peuvent transformer une banale ritournelle en un morceau d’anthologie. Et n’importe quel titre peut l’être, à l’instar du tube planétaire de Queen, Bohemian Rhapsody, qui a donné lieu à de multiples versions Barbershop, toutes plus virtuoses les unes que les autres.

 

 

 

 

Barbershop Music – Official Playlist

Des compétitions prestigieuses

Passé l’âge d’or, le Barbershop a toujours perduré, la flamme étant entretenue par quelques nostalgiques particulièrement actifs aux États-Unis, au Canada, ainsi qu’en Europe. Les groupes sont aujourd’hui constitués d’excellents chanteurs, ayant fait le plus souvent leurs classes dans le classique. Des compétitions très courues sont régulièrement organisées par la prestigieuse Barbershop Harmony Society. Aux quatre coins du monde, on recense plus de 60 000 interprètes amateurs qui vivent cette passion, en enchantant nos yeux et nos oreilles, à l’instar du Barber Shop Quartet qui interprètera son nouveau spectacle Le Chapitre, le 4 février à 20h30 à l’Espace Nino Ferrer de Dammarie-lès-Lys. 

Par Virginie Champion (Agence TOUTécrit) 

Statue grecque antique - Agrandir l

La femme dans l’art

L’évolution de la représentation de la beauté féminine dans l’art pictural traduit le changement de statut de la femme au fil des siècles. Dans le processus créatif, celle-ci fut à l’origine naturellement assignée au rôle de modèle. Dans l’atelier, écrit Laure Adler dans son ouvrage Le Corps des femmes, « le peintre est créateur, la femme est là pour être regardée. » Mais il faudra attendre avant que les femmes se saisissent elles-mêmes du pinceau pour livrer leur vision du monde. Et plus encore avant qu’elles n’osent se représenter elles-mêmes.

Les tableaux et œuvres d’art que nous pouvons admirer aujourd’hui montrent des corps féminins très différents selon les époques. Ce n’est pas que la morphologie féminine ait spectaculairement évolué au cours du temps, mais plutôt une question de regard et de canon esthétique. Dans le domaine des arts visuels, un canon (du grec kanôn) désigne une règle de proportion des dimensions des membres permettant d’obtenir une beauté idéale en sculpture ou en peinture. Ce principe a été édicté par le sculpteur grec Polyclète au Ve siècle. Par extension, on désigne par canon de beauté les caractéristiques considérées comme constituant la beauté à une époque définie. Formelles, elles sont indissociables de la place accordée à la femme dans la société, dont la représentation picturale est le reflet. 

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Des représentations qui évoluent  

Dans l’art préhistorique, la femme est toute en rondeurs ; son ventre, ses cuisses et ses seins sont magnifiés, presque surdimensionnés, car elle incarne la vie et la fécondité. Changement de décor dans la Grèce Antique, où l’on préfère les corps naturels, peu maquillés et très athlétiques. Le modèle à suivre est plutôt masculin : l’homme est d’ailleurs souvent représenté nu, ce qui n’est quasiment jamais le cas de la femme. Dans l’art byzantin, la femme n’est autre que la Vierge, avec un visage et un corps très codifiés.

La Renaissance impose un nouvel idéal de beauté puisque la femme est pulpeuse et sensuelle, avec un teint très pâle et de longs cheveux blond vénitien, comme en témoignent certains chefs-d’œuvre de Botticelli par exemple. Au XXe siècle, celle des Années folles a un look androgyne : mince, sans taille marquée ni poitrine opulente, elle est libérée et court vêtue. Après la guerre et ses privations, elle devient plantureuse et bronzée, telles les icônes américaines du pop art, mais la minceur redeviendra un standard quelques années plus tard.  

Aujourd’hui, avoir des formes est à nouveau tendance pourvu que l’on soit bien dans son corps. Certaines campagnes publicitaires n’hésitent pas à mettre en scène des « Madame Toulemonde » auxquelles on peut facilement s’identifier. Ce qui n’empêche pas les mannequins professionnelles de soupeser le moindre gramme qu’elles ingurgitent…

Plongez dans ces métamorphoses féminines avec Les Secrets d’un gainage efficace, le 10 février à La Ferme des Jeux à Vaux-le-Pénil.

 

 

Théâtre d’objet

Des objets du quotidien devenant des personnages à part entière ! Ce concept artistique est né dans les années 70, à l’aube de la société de consommation, portée par un nouveau rapport aux choses, produites en masse à l’autre bout du monde, et aussi vite délaissées qu’elles étaient souhaitées.

Énergie poétique

L’idée qui préside à la naissance du théâtre d’objets, imaginé en 1980 par Christian Carrignon et Katy Deville, est de donner aux choses une seconde vie, en leur conférant une dimension poétique plutôt qu’utilitaire. Un genre qui nous prend par la main, nous invitant à regarder autrement ce qui nous entoure.

Quand on y repense… Entre la grandeur du mot théâtre et la petitesse de l’objet, il existait un précipice. Et il en fallait, de l’énergie poétique au spectateur pour refermer les lèvres de l’abîme, se rappellent-ils.

Car ce théâtre d’objets convoque des souvenirs, collectifs ou plus personnels. Ainsi, même reproduite à des millions d’exemplaires, une poupée Barbie évoquera ces moments de l’enfance où nous jouions avec. Même chose avec le moulin à café qui convoquera immédiatement le parfum de ce nectar. Autre exemple : un sac à dos et des chaussures de marche nous feront penser à la randonnée. Ce sera au spectateur d’imaginer la montagne ou le chemin emprunté…

 

 

Humour et textes classiques

Cet univers théâtral peut surfer sur l’humour, le décalage ou les jeux de mots. Un bouchon de vin, rougi et abîmé, deviendra celui qui a trop bu, et un marron celui qui se bat contre d’autres, car « il donne des marrons ». Et le comédien dans tout ça ? Loin d’être escamoté, comme le sont les marionnettistes, celui-ci est sur scène. Il est conteur, incarne un personnage ou se transforme en décor. Le théâtre d’objets s’empare aussi d’œuvres classiques.

La compagnie Tabola Rassa a eu l’idée de remplacer les personnages de L’Avare de Molière par des ustensiles de plomberie. Harpagon, Cléante et la Flèche sont donc “joués” par des robinets. Le rôle-titre est tenu par un vieux spécimen en cuivre, qui accumule patiemment les gouttes d’eau, qui se substituent à l’or. Une façon habile et ingénieuse d’actualiser le texte, en interpellant le public sur la préservation des ressources naturelles, de plus en plus précieuses.

Claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit)

 

 

Le mystère de Jack l’Éventreur

En 1888, cinq prostituées du même quartier de Whitechapel, dans les bas-fonds de Londres, sont assassinées. Les similitudes du mode opératoire et la nature des blessures laissent rapidement penser qu’il s’agit d’un seul et même tueur. Mais les certitudes s’arrêteront là. Car voilà plus d’un siècle que Jack l’Éventreur met en échec des armées de détectives. 

Les agents du Criminal Investigation Department de la division Whitechapel du Metropolitan Police Service sont les premiers sur place et déploient d’importants moyens : inspection des logements du quartier, recueil de toute sorte de matériaux susceptibles d’intéresser les médecins légistes, interpellations discontinues. Malgré les deux mille personnes interrogées et les quelque quatre-vingts suspects emprisonnés, l’enquête ne débouche sur rien : ni procès, ni condamnation. L’arrivée des fins limiers de Scotland Yard n’y changera rien. Pas plus que la création du Whitechapel Vigilance Comittee, un collectif de citoyens dont les membres appréhenderont toute personne leur apparaissant suspecte.

Stratagèmes rocambolesques et procédés ésotériques

Leur traque tourne vite à une chasse aux immigrés et aux juifs, ainsi livrés à la vindicte populaire. Des lettres de dénonciation arrivent par milliers à Scotland Yard. Des dizaines de bouchers ont ainsi dû prouver leur innocence, la nature des crimes laissant penser que le tueur pouvait être l’un d’eux. D’autres acteurs entrent en pistes et imaginent les stratagèmes les plus rocambolesques, comme ce journaliste qui se déguise en femme dans l’espoir d’attirer l’assassin. Les procédés traditionnels ne semblant pas fonctionner, d’autres, plus ésotériques, sont convoqués : des spirites tentent ainsi de deviner où et quand les crimes auront lieu. Mais Jack L’Éventreur reste introuvable. 

Les années ont passé et le mystère, resté entier, continue d’inspirer toute sorte d’hypothèses. Au hasard d’une archive ou d’un fragment d’ADN découvert sur tel ou tel document, les suppositions enflamment les esprits les plus échevelés. D’ailleurs, pas une année ne s’écoule sans qu’un journal ne titre sur l’identité, enfin découverte, du tueur en série. L’ensemble de ses recherches est désigné sous le terme de “ripperologie”, en référence à « Jack the Ripper » (Jack l’Eventreur en anglais, ndlr). En 1988, pour commémorer le centième anniversaire de l’affaire, deux ex-profilers du FBI se sont penchés sur la psychologie du meurtrier. Ils en ont conclu que celui-ci, suffisamment ordinaire pour se fondre dans la foule, n’aurait échappé à la police que par la seule chance. 

Il faut aussi compter nombre de fictions, livres, pièces et de films qui esquissèrent de multiples scénarios. Retrouvez l’un d’eux fomenté par une équipe d’enquêteurs inédite, dans le “Le Cercle de Whitechapel”, le jeudi 13 janvier à 20h45 à l’Escale de Melun.   

Article proposé par Claire Teysserre-Orion (Agence TOUTécrit) 

 

 

 

 

La métamorphose des contes de fée  

Connaissez-vous « Le complexe de Cendrillon » ? C’est ainsi que l’on désigne l’archétype de la princesse soumise et obéissante des contes de fée. Ceux-ci auraient donc transmis, sans que personne ne s’en aperçoive, des valeurs patriarcales aujourd’hui tant décriées. Alors, que faire de ces histoires qui ont traversé les siècles et qui appartiennent à notre patrimoine culturel ? Faut-il les censurer ou, plus simplement, les revisiter ? C’est en tout cas le pari de plusieurs réalisateurs, à partir des années 2000. Parmi les films qui ont dépoussiéré le style, le plus connu est sans doute Schrek (2001), réalisé par Dreamworks. Un pied de nez à un autre studio d’animation, Disney qui, depuis sa première adaptation (Blanche Neige, 1937), a jeté son dévolu sur des contes du monde entier, perpétuant un certain nombre de clichés. 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=08dotHAQ-6M
Shrek ( bande annonce )

Des héroïnes rebelles et cultivées 

En effet, Schrek n’hésite pas à maltraiter les codes du conte : à l’opposé du prince charmant, le personnage principal est un ogre laid, sale, grognon et solitaire. Quant à la princesse Fiona, qui sait se battre, elle a été ensorcelée et devient chaque nuit une disgracieuse ogresse verte.

Ces relectures contemporaines seraient-elles l’occasion de voir des héroïnes plus émancipées ? En 1998, Andy Tennant réalise À tout jamais, une histoire de Cendrillon (Ever After), inspiré du conte des frères Grimm. Dans ce long métrage, la jeune femme se rebelle contre sa belle-mère et se bat même contre les hommes, prince charmant compris. Cultivée, elle se soucie d’ailleurs davantage d’améliorer la destinée du peuple que de rencontrer l’amour. 

Loup-garou et sorcières

Dans les années 2010, les adaptations en films d’horreur ou épopées fantasy rencontrent leur public. Ainsi, Le Chaperon rouge de Catherine Hardwicke (2010) n’élude pas le propos féministe. Des meurtres particulièrement sauvages sont commis dans un modeste village : les hommes traquent le coupable, un loup-garou, mais ils échouent. Bien déterminée à mener l’enquête, l’héroïne est elle-même chassée, à l’image des sorcières que l’on brûlait pour leur grande liberté. Et la bête, en réalité le père de cette dernière, ne serait-il que le symbole de l’oppression sexiste ?

Le Chaperon Rouge – Bande Annonce Officielle

Haut les Nains, le 18 décembre à Dammarie-lès-Lys

C’est un autre genre que la pièce Haut les Nains vous propose d’explorer le 18 décembre, à l’Espace Nino Ferrer de Dammarie-lès-Lys. Dans une mise en scène épurée et poétique, deux comédiens revisitent l’histoire de Blanche-Neige à partir de mimes, de théâtre d’objets et d’inventions. Révéleront-ils le véritable récit de la princesse ? 

Article proposé par claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit)

 

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