Labopéra Seine-et-Marne
Le Labopéra Seine-et-Marne s’est fixé pour but de faciliter l’accès à l’art lyrique au plus grand nombre. Au cœur du concept : l’opéra coopératif. Sa mission est à la fois culturelle, sociale et pédagogique. Elle fédère et implique des jeunes issus d’établissements d’enseignement technique et professionnel dans la conception et la réalisation d’un opéra : costumes, décors, coiffure, maquillage et organisation. La partie artistique est confiée à une équipe de professionnels permettant de présenter au public un spectacle lyrique de grande qualité. Tout au long des six mois de préparation, des liens étroits sont tissés entre les artistes et les jeunes.
La Fabrique Opéra investit des lieux populaires, offrant la possibilité à de nouveaux publics d’assister à des spectacles à des coûts raisonnables. Ce nouveau modèle économique est fondé à plus de 50% sur des recettes propres et montre qu’il est possible de réconcilier excellence artistique, projet social et contraintes économiques.
Un Labopéra est une forme plus petite de Fabrique Opéra qui profite d’un dimensionnement financier et logistique réduit tout en conservant le bénéfice de l’action sur la jeunesse. C’est une première étape en vue de pérenniser le concept sur un territoire, dans notre cas, la Seine-et-Marne.

Pourquoi l’Opéra ?
On entend souvent à propos de l’opéra l’opinion suivante : » L’opéra ? Mais c’est ringard ! C’est pour les riches ! C’est pour les connaisseurs ! «
Et pourtant, l’opéra… Quel moyen extraordinaire de raconter une histoire, de faire rire, de faire pleurer, de faire rêver. Grâce à la collaboration entre mots et musique, l’opéra est un merveilleux moyen de cohésion humaine et de respect mutuel, qui permet de transmettre un discours, des idées avec plus d’intensité qu’avec de simples mots, car la musique réussit à pénétrer à un niveau plus profond et vient compléter la parole.
Malheureusement, ce merveilleux moyen d’expression et de cohésion n’est pas facile d’accès à cause du coût élevé de sa production. Il souffre de ce fait d’une image élitiste, alors qu’il a été pensé à l’origine comme un art populaire !
C’est pourquoi le Labopéra Seine-et-Marne se donne pour objectif d’inverser la tendance actuelle et de rendre à nouveau l’opéra accessible à toutes et tous.
Leur mission ? Faire tomber les barrières économiques et culturelles qui freinent son développement et donner la chance à tous de voir et d’entendre quelque chose d’inhabituel et de surprenant dans des lieux qui ne sont normalement pas dédiés à ce type de spectacle.
Sur le fil d’Arianne
Dans la mythologie grecque, Ariane est la fille de Minos, roi de Crète, et de Pasiphaé, dont la tragique destinée est contée par Homère dans L’Iliade. Elle est séduite par le héros Thésée qui vient en Crète pour affronter le Minotaure, dans le labyrinthe de Dédale. Contre la promesse de l’épouser, Ariane donne à Thésée un fil qu’il dévide derrière lui, afin de pouvoir retrouver son chemin. Le jeune homme tue le Minotaure mais abandonne la princesse qui en meurt de chagrin.
Au travers des siècles, cette épopée a notamment inspiré Claudio Monteverdi, Joseph Haydn, Richard Strauss ou le groupe de rock Dead Can Dance, ainsi qu’Arthur Rimbaud et Corneille, pour ne citer qu’eux.
Fondateur et directeur de la compagnie seine-et-marnaise La Caravelle, l’auteur et metteur en scène Thomas Gendronneau revisite cette figure mythologique en lui prêtant les traits d’Arianne, une rock star à la célébrité fulgurante, interprétée par Chloé Astor. Invitée de l’émission Écoute Olga, celle-ci revit ses débuts sur scène. Son interlocutrice tente de lever le voile sur l’accident qui a coûté la vie à Ulysse, le guitariste d’Arianne. Peu à peu, le talk-show se transforme en une étonnante séance de psychanalyse puis en une enquête.
» Grands brûlés de l’existence «
Porté par sept comédiens et un répertoire rock, ce show démontre que le mythe grec n’a rien perdu de son acuité au XXIe siècle.
Il me semble qu’à l’ère des stades, des fans et du star system, ce ne sont plus seulement les héros des histoires, mais les icônes de la chanson, qui tiennent elles-mêmes le rôle de figures cathartiques auprès de leur public, estime Thomas Gendronneau.
Une Amy (Winehouse, ndlr) ou une Arianne suscitent à la fois admiration et compassion. Arianne représente ces femmes et ces hommes qui continuent de m’inspirer, ces grands brûlés de l’existence qui se consument en livrant ce qu’il y a de plus profond en eux « .
Ce spectacle d’une heure et demie, où s’enchaînent dialogues et performances musicales, est à découvrir le jeudi 30 mars à 20h, à la Ferme des Jeux, à Vaux-le-Pénil. À partir de 13 ans.
Propos recueillis par Benoît Franquebalme (agence TOUTécrit)
Saint-Patrick
Vénéré par les églises catholique, orthodoxe, anglicane et luthérienne, Saint-Patrick a particulièrement marqué l’Irlande. Et pourtant, il est né… en Bretagne romaine !
C’est dans cette province de l’empire romain, couvrant l’Angleterre, le pays de Galles et le sud de l’Écosse, que Maun Succat, le futur Saint-Patrick, voit le jour à la fin du 4e siècle. Selon la légende, il est fait prisonnier à 16 ans. En captivité, en Irlande, il devient croyant. C’est d’ailleurs Dieu qui l’aurait incité à s’échapper et à rejoindre sa terre natale.
Patrick, le religieux
Il part ensuite pour la France, où il suit des études théologiques, et devient prêtre. Il prend alors le nom de Patrick. Il retourne en Irlande, pour évangéliser le pays, tâche à laquelle il doit sa célébrité. Entre autres faits mémorables, Patrick aurait utilisé au Rock of Cashel un trèfle à trois feuilles pour expliquer le principe de la Sainte-Trinité, donnant ainsi à l’Irlande son symbole.
Sa mort, un 17 mars, a été inscrite au calendrier liturgique catholique au 17e siècle.
Un jour férié en Irlande…
Au pays du trèfle, la première parade de la Saint-Patrick a eu lieu en 1903 à Waterford, une ville du sud. Les fameux défilés et le festival de Dublin n’ont vu le jour qu’en 1931 et 1996, respectivement. Leur programme festif – feux d’artifice, chasses au trésor dans la ville, spectacles de musique et de danses irlandaises et, bien sûr, bière à volonté – attire une foule toujours plus nombreuse.
… une fête célébrée dans le monde entier !
La Saint-Patrick est également fêtée dans d’autres pays, en particulier dans ceux comptant une large communauté irlandaise expatriée ou immigrée. À New-York, la parade annuelle attire plus de 2 millions de spectateurs, tandis que Chicago va jusqu’à teindre sa rivière en vert !
D’autres villes un peu partout dans le monde célèbrent également la Saint-Patrick : Montréal, Liverpool, Tokyo, Moscou, Sidney, Séoul, Zurich, Paris, Munich ou encore Saint-Fargeau-Ponthierry ! Certains astronautes de la station spatiale internationale ont même déjà participé aux festivités… À chaque fois, le rituel est le même : port de vêtements verts, consommation de plats et boissons irlandais, parades… le tout, dans la bonne humeur !
Et vous, où irez-vous ?
Le Street Art
Qu’il interpelle, agace ou fascine, le street art (ou art urbain) est un mouvement qui désigne toutes les formes d’art réalisées dans l’espace public, qu’il s’agisse de graffiti, de peinture murale, de trompe-l’œil, de pochoir ou encore de collage. Des œuvres visibles par tous, censées être éphémères et, le plus souvent, interdites. Pour autant, qu’on le veuille ou non, le street art fait désormais partie de notre quotidien. Mais quelles sont ses racines ?
Les hommes ont toujours écrit ou dessiné sur les murs, comme en témoignent les hiéroglyphes de la Vallée du Nil, les inscriptions sur les murs de Pompeï ou les fresques des grottes de Lascaux. Mais le street art est apparu aux États-Unis, au crépuscule des années 60. C’est à Philadelphie que naissent les premiers tags, signés Cool Earl et Cornbread, lequel inscrivait dans toute la ville les messages “Cornbread Loves Cynthia” destinés à son amoureuse.
Ce mouvement, qui n’en est pas encore un, prend de l’ampleur dans les années 70, avec les peintures aérosol, initialement destinées à l’industrie automobile. New York se couvre de graffitis signés Keith Haring, Taki 183 ou Blade One. En France, c’est en 1968 que des artistes urbains, à l’instar d’Ernest Pignon-Ernest, réalisent les premières fresques, en toute illégalité, sur les murs de l’immense chantier des Halles, à Paris.

Hip-hop et street art
Si, à l’époque, les graffeurs ne cherchent qu’à apposer leur nom sur les murs afin de gagner la reconnaissance de leurs pairs et de marquer leur territoire, le style d’écriture va progressivement se complexifier et devenir plus esthétique. Dans les années 80, le développement du graffiti s’inscrit dans celui du hip-hop : ces deux mouvements, berceaux de la contre-culture, s’étant longtemps nourris l’un de l’autre. C’est aussi le moment où, délaissant le texte, des artistes trouvent dans l’image un mode d’expression mieux adapté à l’espace public. Évoquons les sérigraphies d’Ernest Pignon-Ernest, les pochoirs de Miss Tic, Jef Aérosol ou Blek Le Rat, les peintures au pinceau de Jérôme Mesnager ou celles à l’aérosol de M. Chat.
Précurseurs, ils sont animés par l’envie de toucher le grand public, d’être reconnus en tant qu’artistes, mais aussi de porter des messages.
Un art à part entière
Né dans la rue avec des œuvres qui disparaissent aussi vite qu’elles apparaissent, le street art s’est construit en marge des institutions, des galeries d’art, des musées et des collectionneurs. Il connaît aujourd’hui son avènement et une reconnaissance légitime, puisque des talents tels JR ou Bansky exécutent des œuvres monumentales, parfaitement autorisées et… lucratives.
Des festivals sont créés et d’autres événements organisés, afin de démontrer toute la vitalité et la richesse de ce mouvement artistique. Vous pourrez en juger par vous-même, du 7 au 28 janvier à Dammarie-lès-Lys, dans le cadre de l’exposition Street Art.
Par Virginie Champion (agence TOUTécrit)

Le clown
Éminemment sympathique pour certains, dérangeant voire effrayant pour d’autres, le clown fait partie intégrante de notre imaginaire collectif. Si la figure du bouffon est tout aussi ancienne que celle de la civilisation, le personnage du clown tel qu’on le connaît émerge sur les scènes de théâtre anglaises dans les années 1550. Étymologiquement, le terme provient du mot clot (ou clod), signifiant « motte de terre » ; c’est sous la forme d’un héros comique, rustre et simple – le paysan sans manières – qu’il trouve ses premières incarnations, notamment dans les pièces du dramaturge Robert Wilson.
À la fin du XVIIIe siècle, on le retrouve dans l’univers du cirque équestre : ce sont souvent des garçons de ferme, peu à l’aise à cheval, qui ont pour rôle d’entrecouper les performances des véritables cavaliers et d’enrichir le show. Avec leurs tenues sommaires et leurs postures ridicules, ils déclenchent l’hilarité du public. Au fil des années, leur rôle s’étoffe : ils se font acrobates, jongleurs ou musiciens, et deviennent de moins en moins cocasses. Ils portent des costumes raffinés, se maquillent le visage de blanc et font preuve d’une fantaisie sophistiquée.

Effet cathartique pour le spectateur
À la fin du XIXe siècle, apparaît l’Auguste, un personnage déraisonnable et sentimental, qui renoue avec la tradition populaire de l’amuseur. Avec son nez rouge, son costume bigarré et ses chaussures démesurées, il essaie de faire bien, mais n’y parvient jamais. Vulnérable, souvent malmené par le clown blanc, il fait également office de catharsis pour le spectateur.
Dans les années 1890, c’est le duo Foottit/Chocolat qui symbolise le mieux ce couple dominant/dominé, symbolisant la confrontation métaphorique du pouvoir et de l’imagination.
Les malheurs qui arrivent à Auguste sont d’une nature telle qu’ils pourraient aisément être le lot de n’importe lequel d’entre nous, souligne le chercheur André Strauss dans l’ouvrage collectif Le clown – Rire et/ou dérision ? Nous nous identifions à lui et sommes ravis de le voir soumis aux mêmes contrariétés banales et quotidiennes que nous.
Symbole de la contestation
Devenu incontournable au cirque (Achille Zavatta, les frères Fratellini) et même au cinéma (Buster Keaton, Charlie Chaplin), le clown est toutefois davantage qu’un simple pitre. Ce grand enfant, qui pose un regard naïf sur tout ce qui l’entoure, fait souffler un vent de poésie dans un monde trop codifié. Cette légèreté et cette sensibilité à fleur de peau lui confèrent d’ailleurs des vertus thérapeutiques : les clowns d’hôpitaux, nés aux États-Unis dans les années 1980 sous l’impulsion du docteur Patch, contribuent ainsi au bien-être des enfants malades en faisant entrer le jeu et le rire dans l’univers médical.
A l’inverse, par son attitude décalée et parodique, le clown peut tout autant se montrer subversif. En se présentant à l’élection présidentielle de 1981, Coluche n’a-t-il pas questionné le rôle et la fonction de nos représentants politiques ? En octobre 2019, le maquillage clownesque du Joker, interprété au cinéma par Joachin Phoenix, est également devenu un symbole de la contestation : du Chili à Hong Kong en passant par le Liban, des manifestants ont arboré ce visage blanc au sourire inquiétant pour exprimer leur mécontentement.
Par Natacha Czerwinski (TOUTécrit)
Avec son spectacle « Malàdroite », la Compagnie Cirque Inextremiste abordera le sujet de « l’autre », et plongera le spectateur dans un univers à la fois lunaire et pragmatique. À découvrir samedi 10 décembre, aux 26 Couleurs, à Saint-Fargeau-Ponthierry.
Les contes
Récits de légendes ou d’aventures imaginaires, les contes puisent leurs racines dans l’histoire d’un pays ou d’une culture. Destinés aux enfants, ils ont d’abord vocation à les distraire et les amuser. Ils ont également la finalité d’instruire ceux qui les écoutent, en leur transmettant des valeurs culturelles et morales. Mettant en scène des animaux malins doués de parole, des héros flamboyants et intrépides, ainsi que des situations tragiques ou cocasses, les contes sont empreints d’une dimension symbolique ou philosophique touchant à l’universel.

Des récits expressifs qui voyagent
En Inde, ils racontent souvent des histoires où la sagesse, le bon sens, la modestie ou l’altruisme sont incarnés par des dieux, des hommes et des animaux. Le plus ancien connu à ce jour est le Pañchatantra, qui remonte au troisième siècle avant notre ère. Ce “Livre d’instruction en cinq parties”, signification de Pañchatantra, comprend 5 grands chapitres :
Il ne m’a pas semblé nécessaire ici de présenter mes raisons ni de mentionner les sources à partir desquelles j’ai tracé mes derniers thèmes. Je dirai, comme dans un élan de gratitude, que j’en dois la plus grande partie à Pilpay, sage indien. Son livre a été traduit en toutes les langues.
Destiné aux princes, il avait vocation à leur apprendre à mieux gouverner. Très populaire, ce recueil de contes a touché tous les pays d’Asie, jusqu’à la Chine. Traduit en persan, en arabe, en syriaque, en grec et en hébreu, il a connu un immense succès. Adapté en castillan, en latin et en français, subissant au passage moultes adaptations, il a même inspiré des dramaturges aussi célèbres que Grimm ou La Fontaine.
La Fontaine, fabuliste indien ?
Au XVIIe siècle en Europe, la paternité du Pañchatantra est attribuée à un certain Pilpay, dont l’existence reste un mystère. La Fontaine reconnaîtra, quant à lui, s’être inspiré de certains contes indiens pour écrire le 3e et dernier recueil de ses fables.
- La Perte des amis (22 histoires),
- L’Acquisition des amis (7 histoires),
- La Guerre du corbeau et du hibou (17 histoires),
- La Perte du bien acquis (12 histoires)
- Conduite inconsidérée (15 histoires).
La Fontaine le cite expressément dans la fable Le Corbeau, La Gazelle, La Tortue et Le Rat (Livre XII, 1685), tandis que des histoires et des personnages du Pañchatantra apparaissent dans plusieurs autres.
C’est cette magie intemporelle des contes indiens que la Compagnie L’Atelier de l’orage vous propose de découvrir dans Namasté, le 27 novembre à 16 heures à Saint-Fargeau-Ponthierry.
Par Virginie Champion (agence TOUTécrit)