Pink Floyd
Tout commence en 1962 dans la ville anglaise de Cambridge où habitent Roger Waters, Syd Barrett et David Gilmour. Les trois amis font l’apprentissage de la guitare, avant d’étudier les beaux-arts et l’architecture. Rejoints par Nick Mason et Richard Wright, ils forment un ensemble pop, les Architectural Abdabs, avant d’adopter le nom des Pink Floyd 4 ans plus tard, en hommage à Pink Anderson et Floyd Council, deux bluesmen américains. Ils s’orientent alors vers un rock plus psychédélique et planant.
Leur premier album, The Piper at the Gates of Dawn, publié un an après, sera un coup de maître. Mais c’est The Dark Side of the Moon (1973) qui entrera dans la légende en devenant le 3e album le plus vendu de tous les temps, avec 50 millions d’exemplaires, avant que The Wall (1979) ne soit adapté au cinéma par Alan Parker.
Des crises mais toujours des salles combles
Dépressif et consommant de la drogue, Syd Barrett s’est déjà éloigné du groupe et mourra d’un cancer en 2006. D’autres crises enflammeront le quatuor, qui se déchirera notamment au sujet de la paternité du nom Pink Floyd. Waters finira par être évincé après une longue bataille juridique. Mais sur scène, ils continuent de remplir les salles durant leurs tournées mondiales. En 1996, ils sont intronisés au Rock’n’roll Hall of Fame(sorte de » Musée et Panthéon du Rock and Roll « , ndlr). Des astronomes donneront même le nom du groupe à un astéroïde, peu de temps après. Pink Floyd sortira encore 2 albums, dont le dernier en 2014. Certains imaginent même un « come back » de ce groupe légendaire.
Pink Floyd en quelques dates
1966
Création des Pink Floyd
1973
The Dark Side of the Moon
1979
The Wall
2006
mort de Syd Barrett
2014
The Endless River, ultime album
Ludwig Van Beethoven
On lui doit 772 œuvres, dans tous les registres de la musique classique : symphonies, opéra (un seul, Fidelio), concertos, quatuors à cordes, sonates… Retour sur la biographie de l’artiste à travers cinq compositions magistrales.
Variations pour piano sur une marche d’Ernst Christoph Dressler
Il s’agit de la première œuvre composée par Beethoven, alors qu’il n’a que 12 ans. Son père, Johann Van Beethoven, homme brutal et alcoolique, a tôt fait de repérer le don de son fils. Il tente d’en tirer parti, comme l’avait fait le père Mozart avant lui, en l’exhibant au piano dans toute la Rhénanie, mais cette expérience tourne court. Le jeune Beethoven, encouragé par des parrains bienveillants, acquiert néanmoins le goût de la musique et commence à composer dès 1782.
Concerto pour piano n°1
C’est l’un de ses premiers chefs-d’œuvre, composé à Vienne en 1798. Beethoven a quitté Bonn depuis quelques années pour suivre Joseph Haydn à Vienne, alors capitale de la musique occidentale. Il parfait son éducation et se fait connaître comme pianiste virtuose, n’hésitant pas à participer à des joutes musicales dont raffole la bonne société viennoise. Il compose ses premières grandes œuvres, dont ce concerto pour piano, dédié à l’une de ses élèves, Barbara de Keglevics, dite Babette. Encore marquée par la tradition classique, cette pièce émouvante laisse déjà poindre la modernité et la virtuosité du compositeur.
Symphonie n°3 dite “héroïque”
Créée en 1805, cette composition déchaîne les passions, notamment en raison de sa longueur inhabituelle. Après l’apparition d’une surdité qui allait devenir totale, Beethoven se contraint à l’isolement et se consacre exclusivement à son art. Une nouvelle période s’ouvre pour le musicien. La symphonie “héroïque” en est l’émanation. Beethoven souhaitait initialement la dédier à Napoléon, en qui il voyait le sauveur des idéaux de la Révolution Française. Mais lorsqu’en 1804, Napoléon proclame l’Empire français, Beethoven raye rageusement sa dédicace et la remplace par “Grande symphonie héroïque pour célébrer le souvenir d’un grand homme”.
Lettre à Elise
Au sommet de sa maturité artistique, Beethoven ne désespère pas, malgré son handicap, de rencontrer enfin l’âme sœur. Un projet de mariage avec Thérèse Malfatti tourne court et c’est sans doute à elle qu’il pensait lorsqu’il composa, en 1810, cette Bagatelle en la mineur. Les historiens et les musicologues se perdent en conjectures pour comprendre comment Thérèse est devenue Elise.
L’Ode à la Joie
Après plusieurs drames personnels et des œuvres touchant moins le public viennois, Beethoven aborde avec génie et profondeur la dernière période de sa vie et compose quelques chefs-d’œuvre, dont la 9e Symphonie et L’Ode à la Joie (d’après Schiller), avec lesquels il triomphe en 1824. Il meurt trois ans plus tard, en 1827 à Vienne.
4e concerto pour piano en sol majeur
Composé en 1806, le 4e Concerto pour piano en sol majeur a été interprété le 22 décembre 1808 au Theater an der Wien, en même temps que les 5e et 6e symphonies. Concert historique à plus d’un titre : les Viennois entendaient pour la première fois ces trois œuvres majeures et le soliste en était le compositeur lui-même.
Article rédigé par Virginie Champion (agence TOUTécrit)

Arthur Conan Doyle
Né en 1859 à Édimbourg, Arthur Conan Doyle serait un descendant des ducs de Bretagne, un arbre généalogique prestigieux d’où proviendrait sa passion pour l’histoire. Son œuvre préférée s’inscrit d’ailleurs dans ce registre ; en 1891, il publie La Compagnie blanche, sous la forme de feuilletons dans une revue littéraire, dont il dit, lui-même, qu’elle « vaut cent fois les histoires de Sherlock Holmes ».
Le pitch ? Les aventures d’un jeune écuyer, Alleyne Edricson, durant la Guerre de Cent ans. La passion de Doyle pour l’histoire ne le quittera pas, puisqu’il écrit quatorze ans plus tard la suite de son roman, ainsi que d’autres ouvrages historiques.
Historien et poète
Arthur Conan Doyle s’est également intéressé à l’histoire contemporaine. En 1900, il s’engage dans la guerre des Boers, en Afrique du Sud, en tant que médecin auprès des Britanniques. Deux ans plus tard, il écrit un pamphlet sur la guerre intitulé The War in South Africa : Its Causes and Conduct (« La Guerre en Afrique du Sud : ces causes et conduites », ndlr), répondant ainsi aux accusations portées contre les Anglais pour leur conduite pendant la guerre. L’ouvrage rencontrera un vif succès et l’homme de lettres est anobli cette même année, devenant « Sir » Arthur Conan Doyle. Au début de la Première Guerre mondiale, il souhaite de nouveau s’engager mais les autorités refusent, l’estimant trop âgé. Qu’à cela ne tienne, l’écrivain s’épanchera dans la poésie de guerre.
Fan de spiritisme
Durant ce premier conflit mondial, il perd plusieurs de ses proches : l’un de ses fils succombe en 1918 à une tuberculose, tout comme son frère cadet et, plus tôt, sa première épouse. Cette confrontation à la mort explique-t-elle sa fascination pour le spiritualisme, une science occulte en vogue au tournant du siècle ? Arthur Conan Doyle y consacrera plusieurs ouvrages, dont une Histoire du Spiritualisme (1926).
Sans doute, ce goût pour le surnaturel a-t-il également nourri ses romans fantastiques. Le Monde perdu, paru en 1912, est le premier volet de la série d’aventures du Professeur Challenger qui reflète l’engouement du public pour les dinosaures au début du XXe siècle et qui sera l’une des sources d’inspiration du film Jurassic Park en 1993.
Le romancier romancé
Le 13 février prochain à l’Escale de Melun, c’est dans la peau d’un personnage de théâtre que vous retrouverez Sir Arthur Conan Doyle. Dans la pièce Les voyageurs du crime, il mène une enquête à bord de l’Orient Express en compagnie de deux écrivains irlandais : le dramaturge Bernard Shaw et le romancier Bram Stoker, père du célèbre Dracula.
Ecrit par Claire Teysserre-Orion (Agence TOUTécrit)
Georges Brassens
Nous sommes en 1954 et Georges Brassens monte sur scène depuis trois ans. S’il ne s’y sent pas à l’aise, il y rencontre malgré tout quelques succès dont Chanson pour l’Auvergnat. Il y évoque Marcel Planche et Jeanne Le Bonnier, un couple résident dans une modeste maison du 14e arrondissement de Paris, où l’interprète trouva refuge en 1944, pour fuir le STO (Service de Travail Obligatoire sous l’occupation allemande).
Au-delà de ses références autobiographiques, ce morceau écrit comme une fable dénonce le décalage entre les bonnes intentions bourgeoises et la réalité sociale : Les croquantes et les croquants / Tous les gens bien intentionnés / S’amusaient à me voir jeûner. Seuls les individus, de l’Auvergnat à l’Étranger, sont capables de bonté. On y décèle aussi l’individualisme politique de Brassens, convaincu que les institutions sociales oppriment l’individu. Politiquement, il se définit volontiers comme un anarchiste et un libertaire.
Se sacrifier pour une idée…
Il l’assumera, encore plus fortement, dans un autre de ses textes, Mourir pour des idées (1972), l’une de ses rares chansons ouvertement politiques. Brassens s’oppose à ce qu’une croyance, religieuse ou politique, guide sa vie. On y devine le prolongement de son antimilitariste Les deux Oncles (1964), qui ne manqua pas de provoquer la polémique. Le poète y évoque les camps allemands et américains durant la Seconde Guerre mondiale : L’un aimait les Tommies, l’autre aimait les Teutons / Chacun, pour ses amis, tous les deux ils sont morts / Moi, qui n’aimais personne, eh bien ! je vis encor.
Aucune idée ne mériterait donc qu’on se sacrifiât pour elle. Loin de les mettre toutes à égalité, il suggère : Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente.
… ou jouir des plaisirs de la vie ?
Georges Brassens est aussi un épicurien, amateur de plaisirs simples. Il repousse ainsi la crainte irrationnelle de souffrances inévitables, au premier rang desquelles la mort. Supplique pour être enterré sur la plage de Sète est la chanson qui incarne sans doute le mieux ses joies simples. S’il souhaite reposer à Sète, sa ville natale, c’est en souvenir des plaisirs qu’il y a rencontré : la sexualité (Et c’est là que jadis à quinze ans révolus / À l’âge où s’amuser tout seul ne suffit plus / Je connus la prime amourette / Auprès d’une sirène, une femme-poisson), la beauté du paysage (Cette tombe en sandwich entre le ciel et l’eau / Ne donnera pas une ombre triste au tableau / Mais un charme indéfinissable) ou encore l’amitié quand il évoque “les bons amis”. Si le poète s’imagine certes mort, il l’est en » un éternel estivant « .
Claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit)
André Manoukian, ce touche-à-tout
La musique a bercé l’enfance d’André Manoukian. Natif de Lyon et fils d’un musicien amateur, il suit des cours de piano classique dès l’âge de 6 ans, avant que le jazz ne le transporte, lorsqu’il découvre le pianiste Fats Waller. Son parcours le conduit ensuite des clubs de la capitale des Gaules jusqu’à la prestigieuse Berklee School of Music de Boston. En 1984, André Manoukian rencontre Liane Foly. Auteur de plusieurs de ses succès, il s’amuse alors à glisser du jazz dans les compositions, ainsi que des accords de blues.
Chanson, jazz et télévision
Auteur-compositeur, arrangeur, pianiste et producteur, il se forge une solide réputation qui lui vaudra de travailler avec Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Nicole Croisille ou plus récemment Camille Bazbaz. Pour autant, il ne délaisse pas le jazz, comme en témoignent ses collaborations avec l’accordéoniste Richard Galliano ou la chanteuse afro-britannique Malia. En 2007, André Manoukian se lance en solo avec l’album Inkala, mélange de compositions originales et de folk song d’Arménie, son pays d’origine. Le petit écran n’est pas loin, puisqu’il commence à concevoir des émissions en lien avec la musique. Dans un documentaire avec le chanteur Tété, il nous invite au voyage, à la rencontre des héritiers du jazz, du blues, du folk, du hip-hop et du rock. En 2010, André Manoukian crée le festival Cosmojazz à Chamonix, animé par cette idée d’inviter des artistes à jouer sur des sites naturels. Des musiciens népalais joueront ainsi sur l’Aiguille du Midi.
Seul au piano
Chroniqueur (Encore un matin sur France Inter et La vie secrète des chansons), présentateur de l’Eurovision, auteur de livres et de bandes originales (Jean-Philippe, Quatre étoiles), il ne manquait peut-être qu’un seul-en-scène à André Manoukian. Il a donc écrit “Le chant du périnée, conférence psycho-érotique”. Au piano, il nous dit pourquoi certaines notes nous font pleurer, quand d’autres nous angoissent ou nous rendent fous d’amour. Au gré du spectacle, son exploration chemine dans les mystères de la voix, de l’Égypte antique à Sheila, en passant par les castrats de la Renaissance et le jazz. Une histoire de la musique singulière, touchante et envoûtante.
Portrait réalisé par Claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit)
Comment devient-on magicien ?
Un jour, à l’âge de 11 ans, j’ai reçu un livre, en cadeau de mes parents. C’était « Hocus Pocus » , se souvient Luc Apers.
Un roman, dont le titre rappelle l’envoutante formule des illusionnistes pour détourner l’attention du public durant leurs manipulations. » Si mes parents s’étaient doutés que cet ouvrage allait bouleverser ma vie « . Avant la magie, le jeune homme embrasse en effet un cursus classique de droit et d’économie, qui le conduira à exercer le métier d’avocat au barreau d’Anvers, durant sept ans.
L’art de la plaidoirie
Mais il faut croire que Luc Apers avait besoin d’une plus grande scène que celle d’un prétoire pour déployer tout son talent, avec un vrai public. Aussi, » un lundi matin » comme il le précise lui-même, il décide de raccrocher sa robe d’avocat pour se consacrer à sa seule passion : la prestidigitation. Après avoir suivi des cours de théâtre aux Académies des Arts d’Anvers et de Leuven, il fonde sa propre compagnie. Dès son premier spectacle, The Hustler (2000), il adopte un ton pour le moins original en initiant le public aux pratiques de l’arnaque : comment gagner aux jeux ou “passer” des produits à la frontière ? Cinq ans plus tard, L’Arnaque (2005), est un autre show d’initiation où il prend le contrepied des magiciens, généralement avares de commentaires sur leurs petits secrets. Avec La véritable histoire de Paul Cres, Luc Apers connaîtra son premier succès international. Présentée pour la première fois au festival d’Avignon en 2009, puis à Paris, la pièce suscite un véritable engouement de la part du public. Peut-être parce qu’elle raconte aussi une histoire : l’artiste y révèle, non sans humour, les premiers tours appris, évoque la naissance de la vanité ou la découverte et la perte des premières amours.
Dans les coulisses d’un arnaqueur
L’Enfumeur (2020), qu’il jouera le 11 septembre à Saint-Fargeau Ponthierry, constitue sa dernière création. « Je crois que c’est le spectacle qui me tient le plus à cœur, car c’est celui qui incarne le mieux ma mission : celle de partager mon émerveillement pour le mystère et la beauté de ne pas savoir », confie Luc Apers. Il y est question d’un arnaqueur repenti qui dévoile ses “trucs”. Derrière l’intrigue, l’artiste nous interroge aussi sur notre société : comment naviguer dans un monde jalonné de fake news, de théories du complot et de pseudo sciences ? Comment savoir si notre esprit critique n’est pas trop fermé et notre esprit ouvert pas assez critique ? Laissez-vous emporter par ce show unique, qui sera donné après la présentation de la saison culturelle de Saint-Fargeau-Ponthierry, aux 26 Couleurs.
Claire Teysserre-Orion (TOUTécrit)