Comment présenteriez-vous votre spectacle ?
C’est un objet théâtral qui, durant une heure, emprunte tous les codes de la conférence, même les plus fastidieux, pour dénoncer les méfaits de la lecture. Je le considère comme un spectacle d’intérêt public, afin de préserver le public de ce fléau qu’est la littérature (sourire). J’ai créé Les dangers de la lecture il y a deux ans. Je l’ai joué une centaine de fois dans des théâtres ou des salons littéraires. Même s’il manie beaucoup le second degré, il est conseillé à partir de 12 ans.
Quelles œuvres citez-vous sur scène ?
Il s’agit de petits morceaux disséminés ici et là. En vrac : Madame Bovary pour explorer le rapport des femmes à la lecture ; Alberto Manguel pour Une histoire de la lecture ; Marguerite Duras qui aimait lire jusqu’à trois ou quatre heures du matin dans l’obscurité de la nuit ou Romain Gary qui a dit que « lire vous permet d’échapper à votre personnalité, de devenir un personnage de roman« . Sans oublier Franz Kafka ou Georges Perec.
J’invite aussi un spectateur à lire un extrait de Belle du seigneur d’Albert Cohen. Tout cela est le fruit d’un travail de recherche sur les auteurs ayant écrit et réfléchi sur le sujet.
Je m’adresse autant aux lecteurs qu’à ceux qui ne le sont pas.
Pourquoi avoir choisi ce thème ?
J’ai toujours entretenu un rapport complexe avec la lecture. Je craignais qu’elle ne me prive des plaisirs de la réalité. Enfant, j’étais plus enclin à taper dans un ballon qu’à bouquiner dans un coin. Une fois adulte, je me suis mis à lire un peu, je dirais “de travers”, à ma façon. Ce fût une découverte progressive, chaotique et singulière, que je veux aujourd’hui partager à “rebrousse-poil”. Je viens de l’animation socio-culturelle et j’ai joué dans des lycées devant des professeurs de lettres. Mon approche bouscule les codes. Je veux vanter les vertus de la lecture sur un mode décalé et humoristique. La désacraliser et la démystifier, afin de sortir des sentiers battus et de la bien-pensance.
Comment le public réagit-il ?
Les spectateurs viennent volontiers me voir lorsque je vends le livret du spectacle après la représentation. Beaucoup confessent ne pas lire et se reconnaissent en moi. Une directrice de médiathèque m’a même avoué que j’avais heurté sa représentation de la littérature, à laquelle elle prête une certaine noblesse !
Et vous, que lisez-vous ?
Je me qualifierais de lecteur convaincu, sans être un dévoreur. Je recommande Thomas Gunzig, un écrivain belge dont le sens de la formule est unique, Franz Bartelt, Daniel Pennac ou Virginie Despentes. J’éprouve toujours des difficultés avec les grands classiques. Je nourris un regard assez critique sur la façon dont l’école “loupe” la lecture. L’enseignement pratiqué est destiné à ceux qui l’aiment déjà. Il faudrait établir des parcours individuels, mais l’école ne sait pas individualiser.
L’interview a été réalisée en septembre 2022 (spectacle initialement programmé en octobre 2022).
Thomas VDB : l’Interview
À la lecture de votre parcours, on constate que celui-ci est éclectique. Que vouliez-vous faire lorsque vous étiez enfant ?
J’avais deux passions : la musique et tout ce qui touchait à la comédie, au théâtre et au cinéma. Toutes les disciplines artistiques m’intéressaient. Je ne voulais pas exercer un métier où l’on m’aurait demandé de porter des choses lourdes et, pire encore, de me lever tôt !
Votre premier amour, qui fut aussi votre premier métier, fut la musique. Préfériez-vous en jouer ou en parler ?
Je ne suis pas du tout musicien et ne pratique aucun instrument, mais j’ai toujours été animé par cette passion dévorante. C’est d’ailleurs ce que je raconte dans mon livre Comedian Rhapsodie. Adolescent, j’écoutais des morceaux à outrance. Je collectionnais les disques, copiais des cassettes et lisais tout ce qui concernait mes artistes préférés, que ce soit dans les journaux ou sur les pochettes de disques. Encore aujourd’hui, je suis animé par cette envie de découvrir de nouveaux groupes. À l’époque, j’avais une prédilection pour le pop rock, en étant également très ouvert à d’autres styles, comme le rap. Si bien qu’à 20 ans, lorsque j’ai écrit mes premiers articles dans la presse spécialisée, je réalisais l’un de mes rêves d’adolescent.
Quels liens entretenez-vous avec la musique aujourd’hui ?
J’en écoute toujours beaucoup ! Mes coups de cœur du moment sont Bertrand Belin, un chanteur français, ainsi que les Viagra Boys, un groupe post-punk suédois absolument génial et hautement recommandable.
Après la presse musicale, vous passez à la comédie. Comment le saut s’est-il opéré ?
Disons plutôt que j’ai mené les deux de front pendant plusieurs années. Tout en exerçant mon métier de journaliste, je travaillais comme comédien à Tours. Nous faisions du théâtre de rue, avec un spectacle qui a beaucoup tourné le week-end et pendant les vacances. Nous avons donné près de 500 représentations en 15 ans. J’avais largement assez d’heures pour devenir intermittent du spectacle.
En 2006, vous écrivez votre premier spectacle, intitulé En rock et en roll. Comment cette aventure est-elle née ?
Ce fut mon premier one-man-show. J’y racontais ma vie de journaliste musical. Je commençais à avoir pas mal d’expériences sur scène, en studio, au micro ou en impro. Être seul face au public constituait un nouveau défi qui m’attirait. C’était une prise de risque stimulante. J’étais fasciné par le stand-up qui nous arrivait d’Amérique et qu’on commençait à découvrir en France, notamment grâce au Djamel Comedy Club. Comme je voulais écrire et monter sur scène, ce fut la suite logique dans mon parcours.
Il y eut ensuite Presque célèbre (2010), Thomas VDB chante Daft Punk (2013) et Bon chienchien (2018). Les avez-vous écrits seuls ?
Non, j’ai toujours travaillé en équipe. À mon sens, les bonnes idées sont généralement meilleures lorsqu’on est deux, ou plus. Quelqu’un lance une idée, l’autre rebondit, ça peut aller très vite. Ou pas ! Il suffit parfois d’un jeu de mot ou d’une image… Reste ensuite à tirer le fil.
Vous jouez aujourd’hui Thomas VDB s’acclimate. Quelle en fut la genèse ?
J’ai coécrit ce spectacle avec Navo et Audrey Vernon, ma compagne. Comme l’indique le titre, il est question du climat. Je m’empare de l’actualité tout en parlant de moi. J’ai une véritable phobie de la chaleur, qui m’a toujours terrorisé et déprimé. Je me suis installé à la campagne, dans l’Essonne, il y a quelques années. Je me moque de mon côté néo-rural et de la difficulté à faire pousser des carottes. L’autarcie, ce n’est pas si simple ! J’aborde des sujets qui me paraissent essentiels, comme notre dépendance à la voiture individuelle, qui est regrettable à mon avis ; la sortie d’un nouvel iPhone tous les ans ; la surconsommation ; les rapports du Giec ou l’inertie générale. J’en parle en essayant de faire rire le public, et ça marche. Et si, en plus, je fais réfléchir un peu, alors tant mieux !
Propos recueillis par Virginie Champion (TOUTécrit)
Incandescences est le dernier volet d’une trilogie intitulée « Face à leur destin ». Comment ce projet a-t-il mûri ?
Mon idée initiale était de rencontrer des jeunes issus des quartiers populaires et dont les parents ont connu l’exil. Je voulais engager un dialogue avec eux, évoquer leur histoire personnelle et familiale, leur parcours de vie et leurs espoirs, ainsi que leur rapport au monde. Je ne savais pas quelle serait la temporalité de ce travail, ni ce qu’il en sortirait. Au fil des rencontres, des thèmes se sont peu à peu imposés, autour desquels se sont structurées trois pièces chorales : Illumination(s) en 2012, F(l)ammes en 2016 puis Incandescences en 2020. J’ai ensuite cherché à développer des spectacles plus légers et plus intimistes. Au final, ce sont donc six pièces différentes, mais enchâssées, qui se répondent les unes aux autres. Une sorte d’œuvre unique en six chapitres.
D’une idée très ouverte, au départ, est donc née une création très concrète…
Le travail de réflexion et d’écriture s’est étalé sur plus de dix ans. Aujourd’hui, les six pièces existent. Chacune a une vie autonome, avec un texte définitif édité chez Actes Sud. Elles ont déjà donné lieu à plus de mille représentations et continuent à tourner. Nous jouons à Paris, en banlieue et en province, autant sur des scènes nationales que dans des théâtres municipaux. Et le public est toujours là !
De quelle façon le travail de création s’est-il construit ?
Ce fut très progressif. J’ai commencé par rencontrer une centaine de garçons et autant de filles. Les théâtres, avec lesquels nous travaillons depuis plusieurs années, ont servi de courroie de transmission, en relayant notre proposition au sein des missions emploi ou des établissements scolaires. Le principe est simple : vous avez envie de parler de vous, vos parents ont connu l’exil, venez.
Puis, pendant une semaine, nous échangeons. Ils ont tous des choses à dire, que ce soit sur leur vie, leur famille, leurs joies et leurs peurs, ou leur vision de l’avenir. Quant à moi, j’expose ma manière de travailler. Ce sont des rencontres fondée sur l’humain, sans intermédiaire. J’écoute et je collecte ce que j’appellerai du matériau vivant. Le thème de l’amour est apparu comme central : comment êtes-vous venus au monde ? Vos parents ne sont pas seulement des forces de travail, ils se sont aimés, désaimés, quittés, retrouvés.
J’organise ensuite des ateliers dans plusieurs villes où, après quelques exercices de théâtre, nous avançons dans la conception du spectacle. Il est nécessaire qu’ils comprennent l’enjeu du travail que nous menons et qu’ils ouvrent leur cœur. Certains préfèrent arrêter. D’autres continuent. Ils me choisissent autant que je les choisis. Au bout du compte, il reste vingt jeunes gens. Ce sont eux qui font le spectacle.
L’écriture est-elle aussi un travail collectif ?
Je puise dans les récits de vie qui m’ont été livrés, mais j’écris seul. Les pièces sont très écrites, même si l’interprétation sur scène doit donner l’illusion que c’est improvisé. Je propose un texte à chacun de mes jeunes interprètes. Ils peuvent évidemment le contester ou le refuser. Je le modifie, si besoin, jusqu’à ce qu’ils aient envie de se l’approprier et de le dire sur scène. Il faut prendre ce temps. Les textes ne sont pas anodins, l’épaisseur des récits se construit dans la temporalité.
Quelle est la réaction du public ?
Partout, les salles sont pleines, avec des standing ovations. Les spectateurs sont touchés par les récits qui leur sont contés sur scène. Comme le disait Tolstoï,
si tu veux parler de l’universel, parle de ton village
Je suis auteur et metteur en scène. Autour d’un projet artistique, je creuse un sillon. Dans Incandescences, vingt jeunes gens, authentiques, parlent d’eux, profondément. Cela pique la curiosité des spectateurs, car ils n’ont jamais vu ça. Il y aussi un jeune public, qui a moins l’habitude de venir au théâtre. Tous sont très différents et ne réagissent pas aux mêmes scènes, mais ils manifestent tous le même appétit de découvrir et d’écouter.
Propos recueillis par Virginie Champion (agence TOUTécrit)
Consultant en innovation, entrepreneur, mentaliste et illusionniste : votre parcours est impressionnant. Que vouliez-vous faire lorsque vous étiez enfant ?
Tout petit, j’étais déjà passionné par l’illusionnisme et le mentalisme. Très jeune, j’ai d’ailleurs rencontré un magicien qui a été, en quelque sorte, mon premier mentor et qui m’a guidé vers les secrets de son art. La magie étant une discipline très ancienne, j’ai vite compris qu’il fallait être créatif pour renouveler le genre. C’est cette démarche que j’applique également auprès des entreprises, en tant que consultant.
Comment définiriez-vous le mentalisme ?
C’est une forme de magie, qui recourt à des techniques remontant au XVIe siècle, mais très rationnelles, afin de créer l’illusion d’un 6e sens. C’est un mélange d’astuces psychologiques, qui reposent sur la statistique et l’observation, et des secrets de magicien, tel que le détournement d’attention.
Quand avez-vous commencé à vous produire sur scène ?
J’avais 16 ans. J’ai toujours présenté des spectacles de magie, même en anglais. Lorsque j’étais étudiant à Boston, je me produisais devant les étudiants. Le mentalisme n’était pas à la mode, comme il peut l’être aujourd’hui, grâce à la série Mentalist.
En 2007, je cherchais une scène. Les producteurs que j’avais rencontrés étaient assez réticents. J’ai alors décidé de me produire moi-même et j’ai créé mes 2 premiers spectacles, Le Script et Alter Ego. Je les ai joués à Paris et à Avignon. Puis, j’ai enchaîné des centaines de dates. Avec quelques autres, tels Raphaël Navarro ou Éric Antoine, j’ai participé à la médiatisation de cet art, en créant une catégorie “magie et mentalisme” identifiable pour le public et les directeurs de salles.
Malgré le succès, vous poursuivez votre activité de consultant en innovation. Les médias grand public et économiques s’intéressent à vous. C’est suffisamment inédit pour être souligné…
Lorsque j’interviens dans une entreprise, une association ou un établissement public, je rencontre des personnes inspirantes et très différentes. Cela m’intéresse beaucoup. Si bien que, pour le moment, je continue à mener simultanément ces 2 métiers qui me passionnent. Ils sont complémentaires. Lorsque j’anime une conférence ou une formation en entreprise, j’invite les participants à se questionner sur la manière dont ils raisonnent. Sur scène, j’essaie de transporter le public dans une autre dimension, plus poétique, en les rendant acteurs des expériences qui se déroulent sur scène.
Même si nous sommes tous différents, chacun éprouve l’envie de s’émerveiller, de s’interroger, d’apprécier le mystère et de vouloir percer l’énigme.
Le 15 décembre, vous allez vous produire à Vaux-le-Pénil. Comment est né ce nouveau spectacle ?
Songes d’un illusionniste s’adresse à tous les publics, dès l’âge de 8 ans. Les rêves en sont le fil conducteur, dans une scénographie inspirée des tableaux de Magritte. Que se passe-t-il lorsque nous dormons ? Nos rêves ont-ils un sens ? Au début du spectacle, je demande à chacun d’inscrire sur un papier ses rêves et ses cauchemars. Ces informations constituent la matière première de ce show, dont chaque représentation est unique. Bien sûr, nul n’est obligé de participer. Certains ont envie de se laisser porter, alors que d’autres veulent trouver des explications. Je m’amuse à deviner les rêves des adultes ou des enfants, et cela donne des résultats étonnants, poétiques ou surréalistes. Et je vous assure que les spectateurs rient beaucoup, également.
Propos recueillis par Virginie Champion (agence TOUTécrit)
Comment avez-vous débuté ?
Mes parents sont très jeunes, puisque nous n’avons pas vingt ans d’écart. Mais le fait d’avoir des enfants ne les a jamais empêchés de sortir. Ils nous emmenaient partout. J’ai eu une enfance très heureuse. La musique a toujours fait partie intégrante de ma vie. À vingt ans, je chantais dans un groupe de rap monté par des copains. Je naviguais entre Grenoble et Annecy, je commençais à écrire et, parfois, je montais sur scène. Et puis à 24 ans, j’ai eu un coup de sang : je suis “montée” à Paris avec l’idée de percer dans la musique. Pour réussir, il faut s’en donner les moyens, sans attendre que la chance vous tombe dessus. J’ai exercé de petits boulots. J’ai rencontré Laura (Scimia, ndlr) qui fut d’abord une amie, avant de devenir ma manageuse.
En 2020, vous vous lancez sur TikTok. Vous comptez aujourd’hui plus de 2M d’abonnés. Comment l’expliquez-vous ?
J’ai commencé durant le confinement, car je m’ennuyais dans ma chambre. Le succès n’est pas arrivé en un claquement de doigt, mais j’ai persisté. Pendant quatre mois, j’ai publié des vidéos musicales tous les jours, en essayant de trouver le petit truc qui pouvait intéresser ou faire rire. Sur les réseaux sociaux, il est important de capter l’attention des internautes dans les dix premières secondes. Après, c’est trop tard. Une belle musique ne suffit pas, il faut ajouter quelques ingrédients percutants, une punchline.
Au début, ça ne décollait pas. J’ai alors eu l’idée des “mots imposés” : des mots m’étaient proposés et j’improvisais des vidéos. C’est à ce moment-là que tout a vraiment commencé. Les algorithmes se sont mis à tourner et le nombre d’abonnés est monté en flèche.
Mots Imposés
Comment gérez-vous ce succès ?
Nous sommes une petite équipe de quatre personnes, avec plusieurs casquettes : manager, ingénieur du son, graphiste, beatmaker (compositeur de sons), DJ, réalisateur. Nous faisons tout nous-mêmes et continuons de poster des vidéos quotidiennement. Nous apprenons, nous progressons, nous corrigeons nos erreurs. Le rythme de production musicale est très soutenu, mais c’est ce que j’aime. Les propositions de concerts et de partenariats se multiplient, c’est très exaltant. Sans être millionnaires, nous pouvons vivre de notre passion. TikTok, c’est le kif total !
Vous avez d’ailleurs écrit une chanson humoristique sur le thème de la “tiktokerie”. Il fallait oser, non ?
Oui, mais je pense que les réseaux sociaux sont des outils qu’il faut comprendre et maîtriser. À 28 ans, lorsque je suis arrivée sur TikTok, je n’y comprenais rien. Dans cette chanson, je me moque un peu de moi.
Dans un autre registre, vous chantez T’as compris, un autre titre qui cartonne…
J’aime explorer toutes les facettes de ma personnalité. Par moment, je suis un peu fofolle, mais je suis également capable d’être sérieuse, si j’ai des choses à dire. Le thème de cette chanson, je l’ai découvert dans les rues de Paris, où je ne me sens pas toujours en sécurité. C’est pourquoi je ne rentre jamais seule. J’ai acquis des automatismes, mais cette situation me rend triste. Beaucoup d’hommes, dans mon entourage, ont mal pris ce texte. Mais je n’y parle que de moi, en disant que je ressens le besoin d’être protégée et soutenue par mes frères. Il n’y a pas assez de solidarité entre les hommes et les femmes. Nous devons mener ce combat ensemble.
Et la scène ?
J’en ai fait pas mal lorsque j’étais plus jeune, mais ce n’est pas évident car le stress est très présent. Sur scène, la relation avec le public est très stimulante. Le 19 novembre, dans le cadre des Amplifiés, je reprendrai mes gros titres, les TikTok qui ont fait le buzz. Il y aura également du freestyle. Ce sera joyeux et festif. J’aimerais que les spectateurs passent un bon moment avec moi.
Propos recueillis par Virginie Champion (agence TOUTécrit)
Interview : Zinée
Comment avez-vous découvert la musique ?
Zinée : Enfant, j’ai pris des cours de guitare, de batterie, de basse et de piano. Mais je n’ai pas vraiment persévéré, sauf pour le piano que j’ai étudié durant quatre ans. Mais l’enseignement dispensé ne me convenait pas : le solfège, le cadre très normé et la lenteur de l’apprentissage m’agaçaient. Adolescente, j’ai découvert que la voix était aussi un bel instrument. J’ai pris deux cours, parce que c’était cher, mais ils ont confirmé ma première impression. Et le chant ne m’a plus jamais quittée.
Racontez-nous votre parcours
Zinée : Je viens de Toulouse, que j’adore. J’y ai passé mon enfance et mon adolescence. Mes racines y sont ancrées. J’y retourne pour me ressourcer et nourrir mon art. Cette ville est, à mes yeux, une source d’inspiration très forte. J’ai commencé par étudier le cinéma, car je voulais devenir technicienne. Puis je suis « montée » vers le Nord, avec mon sac à dos, pour vivre d’autres expériences. Mon objectif, c’était Paris. Je suis d’abord allée à Bruxelles, où j’avais une amie. J’avais besoin d’une étape de transition. J’ai été prise dans l’école de cinéma gratuite fondée par Agnès Varda, mais je n’y suis jamais allée. À la place, j’ai travaillé dur, afin de gagner ma vie. En 2019, je suis arrivée à Paris. C’est là que les choses ont commencé sérieusement.
Que s’y est-il passé ?
Zinée : Je connaissais des réalisateurs de clips de rap, toulousains comme moi. Ils m’ont invitée à un événement où j’ai rencontré mon futur manager, ainsi que 75e Session, qui est un collectif de rap et un label. Je me suis lancée avec eux. Nous travaillons d’ailleurs toujours ensemble. À partir du moment où j’ai admis que je n’étais pas faite pour le cinéma, qui reste une passion, tout s’est éclairci dans ma vie. C’est toujours difficile d’interrompre un processus bien enclenché, de reconnaître que l’on s’est trompé de voie. Dès lors, la musique est devenue une évidence. Tout fut plus simple et plus limpide pour moi.
Découvrir 75e Session
Pourquoi vous êtes-vous orientée vers le rap ?
Zinée : J’en ai toujours écouté. C’est le genre de musique que je préfère. Alors, j’ai foncé ! J’ai d’abord dû en comprendre les codes. Contrairement à ce qu’on imagine parfois, il y en a beaucoup : la rythmique, le placement, la performance ou l’écriture. Il faut aussi savoir se raconter d’une jolie façon, inventer des formulations détournées, trouver des images qui frappent et se différencier des autres.
Quel est votre rapport à l’écriture ?
Zinée : J’ai toujours aimé écrire et raconter des histoires, mais cela a quelque chose de frustrant et d’incomplet. Je trouve que le rap permet de mieux exprimer ce que l’on a envie de dire, en raison de l’interprétation qui s’en dégage. J’écris tous les jours, un peu ou beaucoup, cela dépend de mon humeur. Mes thèmes de prédilection sont la mélancolie, la nostalgie et la tristesse du passé. Comme chacun, j’ai mes démons et mon histoire. L’écriture et la mise en musique me permettent d’extérioriser ce que je ressens et de donner une autre dimension à mes émotions.
Entre novembre 2020 et juillet 2021, vous avez sorti un EP (Futée) puis une compilation (Cobalt). Une sacrée réussite!
Zinée : Je suis contente de ce que j’ai déjà fait et j’ai la chance de pourvoir vivre de ma musique. C’est formidable ! Je m’y consacre à temps plein. Je sais les concessions que j’ai dû faire, dans ma vie personnelle, afin de concentrer mon énergie sur le travail. Cela dit, je dois encore apprendre, progresser et m’améliorer. Le secret, c’est de travailler, encore et encore, de se remettre en question et d’être exigeant, que ce soit avec les autres ou avec soi-même.
Parlez-nous des Amplifiés…
Zinée : Nous serons trois sur scène : un guitariste, un batteur et moi. Nous avons créé un show qui tourne bien, les retours du public sont bons. Je suis toujours très angoissée avant d’entrer en scène, mais je ne m’empêcherai jamais de vivre ces moments-là, car ils sont uniques. J’ai hâte d’y être !
Propos recueillis par Virginie Champion (TOUTécrit).