Votre compagnie Dyptik est née en 2012. Quels ont été les moteurs qui vous ont conduit à vous lancer ?
Avec Souhail Marchiche, qui l’a créée avec moi, nous dansons ensemble depuis la fin des années 90. Si nous puisons nos racines dans le hip hop, nous nous sommes rapidement tournés vers d’autres influences et des cultures différentes : la danse africaine, celles traditionnelles du Moyen-Orient mais aussi la danse contemporaine, qui permet une écriture centrée sur l’émotion plutôt que sur le seul mouvement. Aujourd’hui, nos créations tournent à l’international.
Dans l’Engrenage est le deuxième volet d’un travail sur la révolte des peuples. Comment sont nées l’idée et l’envie ?
Tout a commencé par un voyage au Maroc et en Algérie au moment des printemps arabes. Nous étions également présents lors de la guerre au Mali, en 2012. On a beaucoup discuté avec les gens que l’on rencontrait et on s’est rendu compte d’un même processus politique : un gouvernement met en place un système que les peuples subissent jusqu’à n’en plus pouvoir. Alors, ils se révoltent. On a d’abord réfléchi à une première création, D-construction. Ce spectacle prenait place dans la rue et le public était séparé en deux. Les danseurs, par leurs seuls mouvements, devaient les inciter à se lever pour se rejoindre. Ce travail, qui ne devait être qu’expérimental, fut un véritable succès. Nous avons donné plus de 200 représentations, notamment en Jordanie, en Palestine, en Corée ou au Maroc.
Quelles réponses apportez-vous ?
Une fois qu’un peuple se soulève, quel leader décide-t-il de suivre ? Voici la question que nous abordons ici. On parle de l’omniprésence de l’image et de la communication. L’engrenage est aussi celui de la course effrénée à laquelle chacun est soumis : travailler, produire pour pouvoir payer son loyer ou élever ses enfants, et avec un prix humain qui est toujours plus élevé. A-t-on le choix ou pas ? Notre spectacle n’apporte pas de réponse, mais invite à un questionnement. Évidemment, avec la crise actuelle, cette réflexion, qui interpelle chacun de nous, et pas seulement aujourd’hui, est d’une cruelle actualité.
Comment l’avez-vous restituée ?
Nous avons choisi une scénographie assez épurée qui laissent toute leur place aux sept danseurs. Leurs mouvements sont inspirés d’une danse traditionnelle du Moyen-Orient, le dabkeh, majoritairement pratiquée par les hommes, ce qui est assez rare. Les postures sont très fières, le torse est bombé, la tête haute. C’est une chorégraphie circulaire, avec beaucoup d’énergie qui passe de l’un à l’autre, et cela se termine parfois en transe. Ce langage corporel a nourri l’esthétique du spectacle.
Propos recueillis par Claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit) en 2020.
Napoléon en costume impérial, de Girodet
Debout dans la salle du trône, l’Empereur a revêtu son grand costume de sacre. De sa main droite, il prête serment sur le globe impérial, la main de justice et le code civil, dont il est l’auteur. Ce dernier détail obéit à la nature de la commande, puisque ce portrait, réalisé en trente-six exemplaires, devait présider les cours de justice. Face à l’ampleur de la tâche, Girodet sollicite largement ses élèves, se réservant l’exécution des mains et du visage.

Dans le cadre de la campagne du « Plus Grand Musée de France » lancée par la Fondation Sauvegarde de l’Art Français, ce tableau du Musée d’art et d’histoire de Melun fait partie des 3 oeuvres de la Région Île-de-France sélectionnées pour bénéficier d’une restauration.
Comment participer ?
- Connectez-vous sur le site de la Fondation
- Sélectionnez le « Portrait de l’Empereur »
- Validez votre vote
La fin des votes aura lieu le 10 mars 2022.
Chaque restauration des œuvres gagnantes sera financée par la remise d’un prix de 8 000€ de la part d’Allianz France.
Interview de Sonia Rem et Mehdi Ouachek
Quelle est l’histoire de votre compagnie de danse ?
Mehdi Ouachek : Avant de créer Art Move Concept, nous travaillions déjà ensemble, nous étions en couple. Après huit années, est née l’envie de créer ensemble. Nous nous sommes lancés à l’étranger. Les débuts ont été difficiles. Puis en 2012, nous avons participé à une émission télé qui nous a permis de nous faire connaître en France.
Soria Rem : S’en sont suivies des propositions de grosses productions, mais nous avons préféré fonder notre propre compagnie, en 2013. Aujourd’hui, avec les danseurs, l’équipe technique et administrative, elle comprend une vingtaine de personnes.
M.O. : Selon une expression que j’aime beaucoup, nous avons voulu « travailler dans notre propre château » plutôt que dans celui des autres. C’est ainsi que nous avons développé notre écriture personelle.
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Le Barbershop
Dans les échoppes des barbiers, afin de passer le temps en attendant leur tour, les messieurs avaient l’habitude de chanter à plusieurs, entonnant des mélodies populaires. Chacun y ajoutait sa touche personnelle, selon son timbre de voix et l’inspiration du moment. Improvisant sur le thème principal, ils créaient ainsi des pièces uniques et éphémères, pour le plus grand bonheur des clients et des passants. Ce style, qui venait de naître, connut son apogée à l’aube du XXe siècle, avec des quatuors Barbershop qui se produisaient dans des comédies musicales et des spectacles de music-hall.
Moustaches et costumes rayés
Ce portrait serait incomplet si l’on omettait de préciser que les quatuors Barbershop soignent particulièrement leur tenue vestimentaire (costumes rayés, moustaches ou chapeaux extravagants) et leur jeu de scène (mimiques comiques ou expressives). Historiquement, ce style a toujours privilégié les chansons populaires et les airs connus. C’est l’harmonisation, la tessiture des voix et le talent des interprètes qui peuvent transformer une banale ritournelle en un morceau d’anthologie. Et n’importe quel titre peut l’être, à l’instar du tube planétaire de Queen, Bohemian Rhapsody, qui a donné lieu à de multiples versions Barbershop, toutes plus virtuoses les unes que les autres.
Des compétitions prestigieuses
Passé l’âge d’or, le Barbershop a toujours perduré, la flamme étant entretenue par quelques nostalgiques particulièrement actifs aux États-Unis, au Canada, ainsi qu’en Europe. Les groupes sont aujourd’hui constitués d’excellents chanteurs, ayant fait le plus souvent leurs classes dans le classique. Des compétitions très courues sont régulièrement organisées par la prestigieuse Barbershop Harmony Society. Aux quatre coins du monde, on recense plus de 60 000 interprètes amateurs qui vivent cette passion, en enchantant nos yeux et nos oreilles, à l’instar du Barber Shop Quartet qui interprètera son nouveau spectacle Le Chapitre, le 4 février à 20h30 à l’Espace Nino Ferrer de Dammarie-lès-Lys.
Par Virginie Champion (Agence TOUTécrit)

La femme dans l’art
L’évolution de la représentation de la beauté féminine dans l’art pictural traduit le changement de statut de la femme au fil des siècles. Dans le processus créatif, celle-ci fut à l’origine naturellement assignée au rôle de modèle. Dans l’atelier, écrit Laure Adler dans son ouvrage Le Corps des femmes, « le peintre est créateur, la femme est là pour être regardée. » Mais il faudra attendre avant que les femmes se saisissent elles-mêmes du pinceau pour livrer leur vision du monde. Et plus encore avant qu’elles n’osent se représenter elles-mêmes.
Les tableaux et œuvres d’art que nous pouvons admirer aujourd’hui montrent des corps féminins très différents selon les époques. Ce n’est pas que la morphologie féminine ait spectaculairement évolué au cours du temps, mais plutôt une question de regard et de canon esthétique. Dans le domaine des arts visuels, un canon (du grec kanôn) désigne une règle de proportion des dimensions des membres permettant d’obtenir une beauté idéale en sculpture ou en peinture. Ce principe a été édicté par le sculpteur grec Polyclète au Ve siècle. Par extension, on désigne par canon de beauté les caractéristiques considérées comme constituant la beauté à une époque définie. Formelles, elles sont indissociables de la place accordée à la femme dans la société, dont la représentation picturale est le reflet.

Des représentations qui évoluent
Dans l’art préhistorique, la femme est toute en rondeurs ; son ventre, ses cuisses et ses seins sont magnifiés, presque surdimensionnés, car elle incarne la vie et la fécondité. Changement de décor dans la Grèce Antique, où l’on préfère les corps naturels, peu maquillés et très athlétiques. Le modèle à suivre est plutôt masculin : l’homme est d’ailleurs souvent représenté nu, ce qui n’est quasiment jamais le cas de la femme. Dans l’art byzantin, la femme n’est autre que la Vierge, avec un visage et un corps très codifiés.
La Renaissance impose un nouvel idéal de beauté puisque la femme est pulpeuse et sensuelle, avec un teint très pâle et de longs cheveux blond vénitien, comme en témoignent certains chefs-d’œuvre de Botticelli par exemple. Au XXe siècle, celle des Années folles a un look androgyne : mince, sans taille marquée ni poitrine opulente, elle est libérée et court vêtue. Après la guerre et ses privations, elle devient plantureuse et bronzée, telles les icônes américaines du pop art, mais la minceur redeviendra un standard quelques années plus tard.
Aujourd’hui, avoir des formes est à nouveau tendance pourvu que l’on soit bien dans son corps. Certaines campagnes publicitaires n’hésitent pas à mettre en scène des « Madame Toulemonde » auxquelles on peut facilement s’identifier. Ce qui n’empêche pas les mannequins professionnelles de soupeser le moindre gramme qu’elles ingurgitent…
Plongez dans ces métamorphoses féminines avec Les Secrets d’un gainage efficace, le 10 février à La Ferme des Jeux à Vaux-le-Pénil.
Comment est née l’aventure de votre groupe ?
Très tôt, avec mon frère Tø et ma sœur Glär, nous avons été influencés par la culture française dans le petit village de Jokkmokk, où nous avons grandi. À l’école, nous apprenions les titres de Laurent Souchon ou d’Alain Voulzy. On a commencé à chanter dans des fêtes de village. Mais nous voulions donner corps à notre rêve, le “French way of life”. Nous avons quitté la Suède pour des pays francophones. C’est ainsi qu’est né notre groupe, que nous avons baptisé Blønd and Blönd and Blónd, en référence à notre nom de famille.
Et votre premier spectacle ?
Il est l’essence même de ce que nous sommes venus chercher en France. Je le comparerais à un catalogue IKEA de quelques-unes de vos plus grandes chansons. Une sorte d’hommage à la culture de votre pays. Au début, à peine arrivés ici, nous n’avions pas de production. Si bien que nous avons entrepris notre tour de chant dans les bars. Notre public s’est ensuite densifié et nous avons éveillé la curiosité.
Que raconte votre nouveau show, Mariåj en chønsons ?
Après le spectacle que je viens d’évoquer, nous nous sommes accordés du temps pour profiter des délices de la vie parisienne, et… des files d’attente du Pôle emploi spectacle. C’est alors que Magnus, un ami d’enfance, nous a contactés pour animer la soirée de son mariage. Nous avons travaillé avec la même recette, celle des chansons françaises.
Justement, comment travaillez-vous ?
Il paraît que nous parodions, voire que nous massacrons les morceaux. Ce sont juste des titres qui nous touchent ou qui nous amusent. Pour ma part, j’aime beaucoup la voix puissante de la chanteuse à texte Carla Bruni. Quant à ma sœur, elle a un faible pour la poésie de Serge Gainsbourg. Concernant ce spectacle, nous avons intégré de nouveaux instruments : ma sœur Glär joue de l’ukulélé et moi de la contrebasse, parce que j’adore avoir mal au dos et rester debout, il parait que c’est très bon pour les varices (rires). Tø, lui, continue de taquiner ses guitares électriques et acoustiques.
Comment avez-vous vécu les confinements et vos retrouvailles avec la scène ?
La chanson française, c’est le rêve d’une vie. C’est aussi devenu notre carburant. Alors, sans la scène, nous étions en sous-régime. Et même si nous ne sommes pas français, nous sommes solidaires de ce que vous avez traversé pendant cette crise sanitaire. Comme le dit Daniel Balavoine, « Il faut vivre ou survivre… ». C’est peu de mots de dire que nous sommes heureux de retrouver le public.
Interview réalisée par Claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit)