Interview de Sonia Rem et Mehdi Ouachek
Quelle est l’histoire de votre compagnie de danse ?
Mehdi Ouachek : Avant de créer Art Move Concept, nous travaillions déjà ensemble, nous étions en couple. Après huit années, est née l’envie de créer ensemble. Nous nous sommes lancés à l’étranger. Les débuts ont été difficiles. Puis en 2012, nous avons participé à une émission télé qui nous a permis de nous faire connaître en France.
Soria Rem : S’en sont suivies des propositions de grosses productions, mais nous avons préféré fonder notre propre compagnie, en 2013. Aujourd’hui, avec les danseurs, l’équipe technique et administrative, elle comprend une vingtaine de personnes.
M.O. : Selon une expression que j’aime beaucoup, nous avons voulu « travailler dans notre propre château » plutôt que dans celui des autres. C’est ainsi que nous avons développé notre écriture personelle.
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Le Barbershop
Dans les échoppes des barbiers, afin de passer le temps en attendant leur tour, les messieurs avaient l’habitude de chanter à plusieurs, entonnant des mélodies populaires. Chacun y ajoutait sa touche personnelle, selon son timbre de voix et l’inspiration du moment. Improvisant sur le thème principal, ils créaient ainsi des pièces uniques et éphémères, pour le plus grand bonheur des clients et des passants. Ce style, qui venait de naître, connut son apogée à l’aube du XXe siècle, avec des quatuors Barbershop qui se produisaient dans des comédies musicales et des spectacles de music-hall.
Moustaches et costumes rayés
Ce portrait serait incomplet si l’on omettait de préciser que les quatuors Barbershop soignent particulièrement leur tenue vestimentaire (costumes rayés, moustaches ou chapeaux extravagants) et leur jeu de scène (mimiques comiques ou expressives). Historiquement, ce style a toujours privilégié les chansons populaires et les airs connus. C’est l’harmonisation, la tessiture des voix et le talent des interprètes qui peuvent transformer une banale ritournelle en un morceau d’anthologie. Et n’importe quel titre peut l’être, à l’instar du tube planétaire de Queen, Bohemian Rhapsody, qui a donné lieu à de multiples versions Barbershop, toutes plus virtuoses les unes que les autres.
Des compétitions prestigieuses
Passé l’âge d’or, le Barbershop a toujours perduré, la flamme étant entretenue par quelques nostalgiques particulièrement actifs aux États-Unis, au Canada, ainsi qu’en Europe. Les groupes sont aujourd’hui constitués d’excellents chanteurs, ayant fait le plus souvent leurs classes dans le classique. Des compétitions très courues sont régulièrement organisées par la prestigieuse Barbershop Harmony Society. Aux quatre coins du monde, on recense plus de 60 000 interprètes amateurs qui vivent cette passion, en enchantant nos yeux et nos oreilles, à l’instar du Barber Shop Quartet qui interprètera son nouveau spectacle Le Chapitre, le 4 février à 20h30 à l’Espace Nino Ferrer de Dammarie-lès-Lys.
Par Virginie Champion (Agence TOUTécrit)

La femme dans l’art
L’évolution de la représentation de la beauté féminine dans l’art pictural traduit le changement de statut de la femme au fil des siècles. Dans le processus créatif, celle-ci fut à l’origine naturellement assignée au rôle de modèle. Dans l’atelier, écrit Laure Adler dans son ouvrage Le Corps des femmes, « le peintre est créateur, la femme est là pour être regardée. » Mais il faudra attendre avant que les femmes se saisissent elles-mêmes du pinceau pour livrer leur vision du monde. Et plus encore avant qu’elles n’osent se représenter elles-mêmes.
Les tableaux et œuvres d’art que nous pouvons admirer aujourd’hui montrent des corps féminins très différents selon les époques. Ce n’est pas que la morphologie féminine ait spectaculairement évolué au cours du temps, mais plutôt une question de regard et de canon esthétique. Dans le domaine des arts visuels, un canon (du grec kanôn) désigne une règle de proportion des dimensions des membres permettant d’obtenir une beauté idéale en sculpture ou en peinture. Ce principe a été édicté par le sculpteur grec Polyclète au Ve siècle. Par extension, on désigne par canon de beauté les caractéristiques considérées comme constituant la beauté à une époque définie. Formelles, elles sont indissociables de la place accordée à la femme dans la société, dont la représentation picturale est le reflet.

Des représentations qui évoluent
Dans l’art préhistorique, la femme est toute en rondeurs ; son ventre, ses cuisses et ses seins sont magnifiés, presque surdimensionnés, car elle incarne la vie et la fécondité. Changement de décor dans la Grèce Antique, où l’on préfère les corps naturels, peu maquillés et très athlétiques. Le modèle à suivre est plutôt masculin : l’homme est d’ailleurs souvent représenté nu, ce qui n’est quasiment jamais le cas de la femme. Dans l’art byzantin, la femme n’est autre que la Vierge, avec un visage et un corps très codifiés.
La Renaissance impose un nouvel idéal de beauté puisque la femme est pulpeuse et sensuelle, avec un teint très pâle et de longs cheveux blond vénitien, comme en témoignent certains chefs-d’œuvre de Botticelli par exemple. Au XXe siècle, celle des Années folles a un look androgyne : mince, sans taille marquée ni poitrine opulente, elle est libérée et court vêtue. Après la guerre et ses privations, elle devient plantureuse et bronzée, telles les icônes américaines du pop art, mais la minceur redeviendra un standard quelques années plus tard.
Aujourd’hui, avoir des formes est à nouveau tendance pourvu que l’on soit bien dans son corps. Certaines campagnes publicitaires n’hésitent pas à mettre en scène des « Madame Toulemonde » auxquelles on peut facilement s’identifier. Ce qui n’empêche pas les mannequins professionnelles de soupeser le moindre gramme qu’elles ingurgitent…
Plongez dans ces métamorphoses féminines avec Les Secrets d’un gainage efficace, le 10 février à La Ferme des Jeux à Vaux-le-Pénil.
Comment est née l’aventure de votre groupe ?
Très tôt, avec mon frère Tø et ma sœur Glär, nous avons été influencés par la culture française dans le petit village de Jokkmokk, où nous avons grandi. À l’école, nous apprenions les titres de Laurent Souchon ou d’Alain Voulzy. On a commencé à chanter dans des fêtes de village. Mais nous voulions donner corps à notre rêve, le “French way of life”. Nous avons quitté la Suède pour des pays francophones. C’est ainsi qu’est né notre groupe, que nous avons baptisé Blønd and Blönd and Blónd, en référence à notre nom de famille.
Et votre premier spectacle ?
Il est l’essence même de ce que nous sommes venus chercher en France. Je le comparerais à un catalogue IKEA de quelques-unes de vos plus grandes chansons. Une sorte d’hommage à la culture de votre pays. Au début, à peine arrivés ici, nous n’avions pas de production. Si bien que nous avons entrepris notre tour de chant dans les bars. Notre public s’est ensuite densifié et nous avons éveillé la curiosité.
Que raconte votre nouveau show, Mariåj en chønsons ?
Après le spectacle que je viens d’évoquer, nous nous sommes accordés du temps pour profiter des délices de la vie parisienne, et… des files d’attente du Pôle emploi spectacle. C’est alors que Magnus, un ami d’enfance, nous a contactés pour animer la soirée de son mariage. Nous avons travaillé avec la même recette, celle des chansons françaises.
Justement, comment travaillez-vous ?
Il paraît que nous parodions, voire que nous massacrons les morceaux. Ce sont juste des titres qui nous touchent ou qui nous amusent. Pour ma part, j’aime beaucoup la voix puissante de la chanteuse à texte Carla Bruni. Quant à ma sœur, elle a un faible pour la poésie de Serge Gainsbourg. Concernant ce spectacle, nous avons intégré de nouveaux instruments : ma sœur Glär joue de l’ukulélé et moi de la contrebasse, parce que j’adore avoir mal au dos et rester debout, il parait que c’est très bon pour les varices (rires). Tø, lui, continue de taquiner ses guitares électriques et acoustiques.
Comment avez-vous vécu les confinements et vos retrouvailles avec la scène ?
La chanson française, c’est le rêve d’une vie. C’est aussi devenu notre carburant. Alors, sans la scène, nous étions en sous-régime. Et même si nous ne sommes pas français, nous sommes solidaires de ce que vous avez traversé pendant cette crise sanitaire. Comme le dit Daniel Balavoine, « Il faut vivre ou survivre… ». C’est peu de mots de dire que nous sommes heureux de retrouver le public.
Interview réalisée par Claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit)
Comment devient-on humoriste quand est passé par khâgne ?
J’ai attrapé le virus du théâtre à l’adolescence, en intégrant la troupe amateur de mon lycée. Comme j’étais bon élève, j’ai suivi une classe préparatoire littéraire, avant de rejoindre une école de commerce. En parallèle, je continuais à écrire des sketchs et à faire de l’impro. Puis un jour, je me suis réveillé : si je ne faisais pas ce que je voulais vraiment, c’est-à-dire du théâtre, je le regretterais. Je me suis alors lancé sur les scènes ouvertes à Bordeaux, où je vivais à l’époque. Au fil des dates, les représentations se sont étoffées jusqu’à devenir mon premier spectacle, L’Entretien.
Parlez-nous de votre seul-en-scène actuel, L’Affaire Guédon
Je connais Racine dont je me moque, c’est un peu mon fonds de commerce. Je méprise la culture élitiste et ceux qui ne jurent que par Racine ou Corneille. Mon spectacle présente donc mon procès pour outrage aux valeurs de la République et désacralisation culturelle. Je fais intervenir un juge qui fait office de narrateur, un ancien prêtre, mon professeur de français de lycée et même ma toute première agente d’artiste. Vous retrouverez également Jean-Karim, des Anges de la téléréalité, qui s’exprime en alexandrins !
Pourquoi agrégez-vous des registres si éloignés ?
Je pense qu’il y a des choses à prendre partout. La culture est un écosystème. Il est important qu’il y ait de tout. À mes yeux, la valeur cardinale reste la curiosité. En revanche, l’omniprésence de la téléréalité, que je ne manque pas de critiquer, dit quelque chose de notre société et du spectacle permanent dans lequel nous évoluons. C’est ce qui m’intéresse.
Vous avez également travaillé sur Europe 1. Est-ce le même métier que la scène ?
Écrire et jouer sont les deux compétences d’un humoriste sur scène. Mais il y a d’autres savoir-faire à appréhender. À la radio, il s’agit de rédiger une chronique de quelques minutes en lien avec l’actualité. J’ai aussi commencé à m’intéresser aux réseaux sociaux. J’aimerais proposer des contenus sur Instagram et TikTok dès janvier prochain. C’est encore autre chose.
Vous avez recommencé à jouer, après les fermetures des lieux culturels. Quelles sont vos impressions ?
Je suis heureux que les théâtres aient rouvert, car nous avons beaucoup souffert des restrictions liées à la crise sanitaire. Il était difficile de ne pas jouer. Depuis plusieurs mois maintenant, je retrouve des salles de 100-150 personnes. J’aime cette proximité, car mon spectacle est engagé et j’y mets beaucoup de moi.
Claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit)
Théâtre d’objet
Des objets du quotidien devenant des personnages à part entière ! Ce concept artistique est né dans les années 70, à l’aube de la société de consommation, portée par un nouveau rapport aux choses, produites en masse à l’autre bout du monde, et aussi vite délaissées qu’elles étaient souhaitées.
Énergie poétique
L’idée qui préside à la naissance du théâtre d’objets, imaginé en 1980 par Christian Carrignon et Katy Deville, est de donner aux choses une seconde vie, en leur conférant une dimension poétique plutôt qu’utilitaire. Un genre qui nous prend par la main, nous invitant à regarder autrement ce qui nous entoure.
Quand on y repense… Entre la grandeur du mot théâtre et la petitesse de l’objet, il existait un précipice. Et il en fallait, de l’énergie poétique au spectateur pour refermer les lèvres de l’abîme, se rappellent-ils.
Car ce théâtre d’objets convoque des souvenirs, collectifs ou plus personnels. Ainsi, même reproduite à des millions d’exemplaires, une poupée Barbie évoquera ces moments de l’enfance où nous jouions avec. Même chose avec le moulin à café qui convoquera immédiatement le parfum de ce nectar. Autre exemple : un sac à dos et des chaussures de marche nous feront penser à la randonnée. Ce sera au spectateur d’imaginer la montagne ou le chemin emprunté…
Humour et textes classiques
Cet univers théâtral peut surfer sur l’humour, le décalage ou les jeux de mots. Un bouchon de vin, rougi et abîmé, deviendra celui qui a trop bu, et un marron celui qui se bat contre d’autres, car « il donne des marrons ». Et le comédien dans tout ça ? Loin d’être escamoté, comme le sont les marionnettistes, celui-ci est sur scène. Il est conteur, incarne un personnage ou se transforme en décor. Le théâtre d’objets s’empare aussi d’œuvres classiques.
La compagnie Tabola Rassa a eu l’idée de remplacer les personnages de L’Avare de Molière par des ustensiles de plomberie. Harpagon, Cléante et la Flèche sont donc “joués” par des robinets. Le rôle-titre est tenu par un vieux spécimen en cuivre, qui accumule patiemment les gouttes d’eau, qui se substituent à l’or. Une façon habile et ingénieuse d’actualiser le texte, en interpellant le public sur la préservation des ressources naturelles, de plus en plus précieuses.
Claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit)