Photo d'un graffeur à l'œuvre sur la façade d'un immeuble - Agrandir l'image
Graffiti
© Arek Socha / Pixabay 

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Le street art, une signature urbaine intemporelle

Du tag rageur à la fresque murale réalisée sur commande, ce mouvement né aux États-Unis est un mode d’expression qui investit les villes, en révélant, parfois, de vrais talents. À découvrir en janvier, lors de l’exposition Street Art à Dammarie-lès-Lys.

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Le Street Art

Qu’il interpelle, agace ou fascine, le street art (ou art urbain) est un mouvement qui désigne toutes les formes d’art réalisées dans l’espace public, qu’il s’agisse de graffiti, de peinture murale, de trompe-l’œil, de pochoir ou encore de collage. Des œuvres visibles par tous, censées être éphémères et, le plus souvent, interdites. Pour autant, qu’on le veuille ou non, le street art fait désormais partie de notre quotidien. Mais quelles sont ses racines ?

Les hommes ont toujours écrit ou dessiné sur les murs, comme en témoignent les hiéroglyphes de la Vallée du Nil, les inscriptions sur les murs de Pompeï ou les fresques des grottes de Lascaux. Mais le street art est apparu aux États-Unis, au crépuscule des années 60. C’est à Philadelphie que naissent les premiers tags, signés Cool Earl et Cornbread, lequel inscrivait dans toute la ville les messages “Cornbread Loves Cynthia” destinés à son amoureuse. 
Ce mouvement, qui n’en est pas encore un, prend de l’ampleur dans les années 70, avec les peintures aérosol, initialement destinées à l’industrie automobile. New York se couvre de graffitis signés Keith HaringTaki 183 ou Blade One. En France, c’est en 1968 que des artistes urbains, à l’instar d’Ernest Pignon-Ernest, réalisent les premières fresques, en toute illégalité, sur les murs de l’immense chantier des Halles, à Paris.

 

 

Hip-hop et street art

Si, à l’époque, les graffeurs ne cherchent qu’à apposer leur nom sur les murs afin de gagner la reconnaissance de leurs pairs et de marquer leur territoire, le style d’écriture va progressivement se complexifier et devenir plus esthétique. Dans les années 80, le développement du graffiti s’inscrit dans celui du hip-hop : ces deux mouvements, berceaux de la contre-culture, s’étant longtemps nourris l’un de l’autre. C’est aussi le moment où, délaissant le texte, des artistes trouvent dans l’image un mode d’expression mieux adapté à l’espace public. Évoquons les sérigraphies d’Ernest Pignon-Ernest, les pochoirs de Miss TicJef Aérosol ou Blek Le Rat, les peintures au pinceau de Jérôme Mesnager ou celles à l’aérosol de M. Chat.

Précurseurs, ils sont animés par l’envie de toucher le grand public, d’être reconnus en tant qu’artistes, mais aussi de porter des messages. 

Un art à part entière 

Né dans la rue avec des œuvres qui disparaissent aussi vite qu’elles apparaissent, le street art s’est construit en marge des institutions, des galeries d’art, des musées et des collectionneurs. Il connaît aujourd’hui son avènement et une reconnaissance légitime, puisque des talents tels JR ou Bansky exécutent des œuvres monumentales, parfaitement autorisées et... lucratives.

Des festivals sont créés et d’autres événements organisés, afin de démontrer toute la vitalité et la richesse de ce mouvement artistique. Vous pourrez en juger par vous-même, du 7 au 28 janvier à Dammarie-lès-Lys, dans le cadre de l’exposition Street Art.

Par Virginie Champion (agence TOUTécrit)