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Samuel Beckett, génie de l’absurde

Publié le 20 Octobre 2019

Irlandais mais francophile, le romancier et dramaturge a connu le succès avec sa pièce En attendant Godot, devenue le symbole du théâtre de l’absurde. Récipiendaire du prix Nobel de littérature, cet érudit discret laisse derrière lui une œuvre unique où se mêlent humour et pessimisme.

  • Portrait

    Samuel Beckett, génie de l’absurde

    " C’est le commencement qui est le pire, puis le milieu puis la fin ; et à la fin, c’est la fin qui est le pire. " Cette phrase, signée Samuel Beckett, est à l’image de ce personnage à l’humour corrosif, qui tentait d’abolir la frontière entre le comique et le tragique, tout en portant un regard perçant sur la condition humaine.

    Fils de petits bourgeois protestants, Beckett naît en 1906 et grandit dans la banlieue campagnarde de Dublin. Brillant élève, passionné par Dante, Proust et Descartes, il étudie les langues et la littérature au prestigieux Trinity College. À la fin des années 1920, ce francophile décroche un poste de lecteur d’anglais (enseignant assistant, chargé des travaux dirigés - ndlr) à l’École normale supérieure de Paris. En fréquentant les cercles littéraires parisiens, il rencontre son compatriote James Joyce, avec lequel il se lie d’amitié. Sous son influence, il écrit en 1929 son premier essai : Dante... Bruno. Vico... Joyce.

    L’année suivante, il rentre à Dublin où il poursuit ses études. Après l’obtention de son Master of Arts, il quitte l’université pour parcourir l’Europe. Ce n’est qu’en 1938, après avoir essuyé des dizaines de refus, qu’il parvient enfin à faire publier son premier roman en anglais, Murphy.

    Une œuvre révolutionnaire

    Retour à Paris. Affirmant préférer "la France en guerre à l’Irlande en paix ", il participe avec sa femme Suzanne à la Résistance, notamment au sein du réseau franco-anglais Gloria. Dénoncé, l’auteur échappe de peu à la Gestapo et se réfugie dans un village du Vaucluse. Ses faits d’armes lui vaudront la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance.

    Entre 1951 et 1953, il publie ses trois textes romanesques majeurs, tous écrits en français – Molloy, Malone meurt et L’Innommable. Mais c’est au théâtre qu’il connaît son premier grand succès populaire, avec En attendant Godot, œuvre révolutionnaire devenue le symbole du théâtre de l’absurde. Dans cette pièce, il met en scène deux vagabonds, Vladimir et Estragon, qui attendent, sans savoir pourquoi, un certain Godot qui ne vient pas. Leur dialogue, mélange de trivialité, de jeux de mots, de citations philosophiques et de commentaires désabusés, est à la fois désespérant et hilarant.

    Le prix Nobel, une " catastrophe "

    Avec Fin de partie (1957) et Oh les beaux jours ! (1961), le dramaturge poursuit l’exploration des thématiques qui lui tiennent à cœur - l’immobilité, le temps qui passe - tout en poussant l’écriture vers un style de plus en plus minimaliste.

    En 1969, il reçoit le prix Nobel de littérature pour " son œuvre, qui à travers un renouvellement des formes du roman et du théâtre, prend toute son élévation dans la destitution de l’homme moderne ", dixit l’Académie du Nobel. Il n’ira pas chercher lui-même sa récompense, qu’il qualifiera de " catastrophe ".

    Mort en 1989, Samuel Beckett est enterré, avec son épouse, au cimetière parisien du Montparnasse. " On n’est pas des gensdelettres (sic), écrivait-il en 1966 au romancier et dramaturge Robert Pinget. Si on se donne tout ce mal fou, ce n’est pas pour le résultat mais parce que c’est le seul moyen de tenir le coup sur cette foutue planète. "

    Avec Penser qu’on ne pense à rien c’est déjà penser à quelque chose, la compagnie Jimoe marche dans les pas de Beckett. Un spectacle farfelu et poétique à découvrir le 21 novembre, à Vaux-le-Pénil.

    Natacha Czerwinski (agence TOUTécrit)