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Tibor Janosi Mozes
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Quand le théâtre mélange les genres

Publié le 30 Septembre 2019

Avant que n’éclate au grand jour le talent de Sarah Bernhardt, la scène fut l’apanage des hommes qui interprétaient indifféremment les rôles masculins ou féminins. C’est aujourd’hui une drôle de parité qui a investi les plateaux...

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    Quand les hommes incarnaient les femmes

    Dans la Grèce antique, les femmes, pas plus que les esclaves et les métèques, n’étaient censées participer à la vie publique de la cité, et la pratique du théâtre leur était interdite. Selon certains historiens, elles n’étaient même pas acceptées parmi le public. Quelques siècles plus tard, en Angleterre, sous le règne d’Elisabeth Ière, on craint que leur présence sur scène n’attise les tentations d’adultère. William Shakespeare sera d’ailleurs contraint de voir l’héroïne de Roméo et Juliette prendre les traits d’un jeune garçon n’ayant pas encore mué. Et à l’autre bout du monde, au Japon, les acteurs du prestigieux théâtre Nô ne portaient-ils pas un masque pour se travestir en femmes ?   

    L’Aiglon, du sur-mesure pour Sarah Bernhardt

    Longtemps, le théâtre ne fut qu’une histoire d’hommes, les auteurs et metteurs en scène faisant la part belle aux personnages masculins, plus complexes et plus bavards. Au XIXe siècle, une comédienne, quand elle avait la chance de monter sur les planches, n’avait que les dix premières représentations pour faire ses preuves.

    Il faudra tout le talent de l’éclatante Sarah Bernhardt pour tordre le cou à ces a priori. Ses interprétations de Lorenzaccio, dans la pièce éponyme d’Alfred de Musset, ou plus encore d’Hamlet, font chavirer le public. " Je ne préfère pas les rôles d’hommes, disait-elle alors, mais les cerveaux d’hommes, et parmi tous les caractères, celui d’Hamlet m’a tentée entre tous parce qu’il est le plus original, le plus subtil, le plus torturé ". C’est d’ailleurs spécialement pour elle qu’Edmond Rostand écrira L’Aiglon, pièce dans laquelle l’actrice joue le duc de Reichstadt.  

    Derrière le maquillage...

    Il y a quelques années, à la Comédie française, Guillaume Gallienne portait robe et maquillage pour interpréter le rôle-titre de Lucrèce Borgia, tandis qu’une comédienne tenait le rôle du jeune Gennaro, sans que personne n’y trouve à redire. Finalement, n’est-ce pas le talent même de l’acteur, ou son génie, que de savoir incarner ce qu’il n’est pas ?

    Une nouvelle forme de parité que les cinq comédiennes de la Compagnie du Détour ont revisitée dans l’adaptation très originale des Femmes savantes (le 10 octobre à Vaux-le-Pénil). Quant au vibrionnant trio des Swing Cockt’elles, il mélange opéra, jazz et chanson française, apportant la démonstration que le mot audace est bel et bien du genre féminin (le 4 octobre à Dammarie-lès-Lys).

    Claire Teysserre-Orion (TOUTécrit)