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Quand le cinéma s’invite au théâtre

Publié le 18 Décembre 2019

À l’instar des scénaristes qui puisent dans le répertoire théâtral, les metteurs en scène ne dédaignent pas s’emparer de grands classiques du cinéma pour les transposer sur scène. Le procédé n’est pas nouveau, mais il n’est pas sans risque.

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    Le cinéma dans le théâtre

    C’était l’événement du printemps pour tous les amoureux de théâtre : le retour d’Isabelle Adjani sur les planches dans la pièce Opening Night, d’après John Cassavetes. L’égérie du cinéma français y reprenait le rôle immortalisé par Gena Rowlands dans le film éponyme de 1977 : celle d’une star à la dérive, traumatisée par la mort accidentelle d’une jeune admiratrice. Dans sa mise en scène, Cyril Teste, qui avait déjà monté une version théâtrale de Festen, le film culte de Thomas Vinterberg, n’avait conservé que la trame et quelques fragments de dialogues. Mais il était resté fidèle au parti pris défini par Cassavetes lui-même : " Un spectacle en chantier, toujours au bord de la dissolution. "

    Ces dernières années, nombre de dramaturges se sont essayé à l’exercice. En 2007, par exemple, c’est avec Mireille Darc et Alain Delon que le chef-d’œuvre de Clint Eastwood, Sur la route de Madison, avait retrouvé une seconde jeunesse. En 2016, Ivo van Hove avait de son côté transposé sur les planches Les Damnés, de Luchino Visconti, avant que La Règle du jeu, de Jean Renoir, n’eut les honneurs de la Comédie-Française. D’autres grands classiques du 7e Art ont également fait l’objet d’adaptations, comme Sept morts sur ordonnance et Sept ans de réflexion.

    Placer le texte au cœur du processus

    Commercialement, le concept peut s’avérer payant, puisque la pièce bénéficie de la notoriété du film dont elle est l’émanation. Et, d’un point de vue artistique, le processus de création peut offrir davantage de résonnance au texte.

    " Au cinéma, on est toujours ramené à la question du réalisme, expliquait dans Libération le metteur en scène suisse Dorian Rossel, qui s’était emparé en 2016 du film japonais Voyage à Tokyo. Au théâtre, on peut faire jouer une vieille dame par une jeune fille, le temps s’épaissit d’une autre manière. Les spectateurs savent bien que ce qu’ils voient n’a pas l’ambition de se présenter comme réel. "

    À double tranchant

    Pour les metteurs en scène, le défi est à double tranchant et relève souvent de l’équilibrisme : respecter l’œuvre originelle, sans la plagier. " J’avais des souvenirs très précis du film d’Henri Verneuil qui est vraiment exceptionnel, confiait dans un article du Figaro Stéphan Wojtowicz, qui a réalisé en 2014 l’adaptation théâtrale du long-métrage Un Singe en hiver, lui-même tiré du roman d’Antoine Blondin. Il fallait y aller avec des pincettes, rester humble avec Audiard, l’auteur des dialogues, et avec Blondin, l’écrivain. "

    Dans le spectacle La Vie est belle (actuellement en tournée), inspiré du film de Frank Capra, la compagnie Caravane - qui avait déjà repris sur scène Vol au-dessus d’un nid de coucou - a pris le parti de transformer Clarence, l’ange gardien bourru, en pétulante jeune femme. Le spectateur est ainsi plongé dans une histoire qui n’est ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre.

    C’est dans cet esprit que s’inscrit la pièce Oui ! qui met en scène un couple dépassé par les préparatifs de son mariage. S’inspirant des comédies romantiques Quatre mariages et un enterrement et Love actually, cette tranche de vie drôle et caustique est à croquer le 21 janvier au Mée-sur-Seine.

    Par Natacha Czerwinski (agence TOUTécrit).