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Quand la guerre " monte sur scène "

Publié le 17 Novembre 2019

Nombre d’auteurs dramatiques se sont emparés de la réalité historique pour écrire sur le thème de la guerre. Ces pièces ont une triple portée : entretenir la mémoire, l’exorciser et susciter la réflexion. Petit voyage dans l’éphéméride des grands conflits qui ont marqué l’Humanité, dans le cadre du spectacle " Adieu Monsieur Haffmann " le 10 décembre au Mée-sur-Seine.

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    Mettre en scène la guerre dans l’espace réduit d’un plateau de théâtre relève du défi. Pour autant, en raison de son potentiel émotionnel et des notions philosophiques qu’elle convoque (le courage, la confrontation entre le bien et le mal, la souffrance, la mort, etc.), cette thématique a, de tout temps, passionné les dramaturges. Dans Les Perses, qui a été représentée pour la première fois à Athènes en 472 av. J.-C., Eschyle raconte la défaite navale des Perses et de leur roi Xerxès lors de la bataille de Salamine en - 480.

    Bien plus tard, William Shakespeare a, lui aussi, fait des conflits armés la guerre l’un de ses sujets de prédilection. Sa trilogie Henri VI est ainsi consacrée au règne d’Henri VI d’Angleterre et à la guerre des Deux-Roses qui opposa, de 1450 à 1485, deux branches des Plantagenêts prétendant à la couronne, York (qui avait pour emblème une rose blanche) et Lancastre (représentée par une rose rouge).

    Les nombreux conflits du XXe siècle ont également nourri le terreau de la création théâtrale. Dès 1925, Marcel Pagnol racontait, dans la pièce satirique Les Marchands de gloire, l’histoire d’un père qui utilisait la réputation de son fils mort au front pour servir ses ambitions politiques au cours de la Première guerre mondiale.

    Le théâtre, lumière au milieu des ténèbres

    Dans l’Entre-deux-guerres, la montée du nazisme et des tensions en Europe a inspiré Jean Giraudoux (La Guerre de Troie n’aura pas lieu) ainsi que Bertold Brecht. Dans sa parabole grinçante intitulée La résistible ascension d’Arturo Ui, l’auteur allemand démonte les mécanismes qui ont conduit à la prise de pouvoir d’Hitler en les transposant dans le Chicago des années 1930.

    Pour Charlotte Delbo, le théâtre a sans doute eu une fonction salvatrice. Cette femme de lettres, qui avait travaillé comme assistante du metteur en scène Louis Jouvet avant d’être déportée puis d’entrer dans la Résistance, avait ainsi créé une petite troupe de fortune dans le camp de Ravensbrück. Avec ses camarades de captivité, elle avait réussi à monter Le Malade imaginaire, faisant du théâtre une lumière au milieu des ténèbres. À son retour, l’écriture lui sera également d’un grand secours. Dans ses romans et pièces de théâtre-témoignage, elle s’adresse à la fois à ceux qui ne sont pas revenus et à ceux qui n’ont pas vécu l’Holocauste. Ainsi, dans Les Hommes (1978), l’auteure suit le parcours de femmes incarcérées qui, en attendant d’être déportées, décident de monter Un caprice de Musset. " Je me sers de la littérature comme d’une arme, disait Charlotte Delbo, car la menace m’apparaît trop grande. "

    L’humour au service de la réflexion

    Plus récemment, de jeunes dramaturges ont fait le pari audacieux de passer par le prisme de la comédie pour marquer les esprits, et entretenir l’indispensable devoir de mémoire. Ainsi, dans Libres ! Ou presque..., Jean Franco raconte la folle épopée de deux héros ordinaires, l’un Juif et portant l’Etoile jaune, l’autre homosexuel et obligé d’arborer le Triangle rose qui, à l’été 1942, tentent de gagner la Zone libre.

    Dans Les Crapauds fous, Mélody Mourey ressuscite l’aventure exceptionnelle mais méconnue de deux médecins polonais qui, durant la Seconde guerre mondiale, ont organisé une immense supercherie pour empêcher les déportations des Juifs menacés dans leur village. Un spectacle virevoltant et joyeux qui prouve que l’humour est un genre qui peut parfaitement servir l’émotion et la réflexion.

    Le 10 décembre au Mée-sur-Seine

    Dans Adieu Monsieur Haffmann, Jean-Philippe Daguerre fait se rencontrer grande histoire (la dure réalité de la France de Vichy) et drame intime (un bijoutier et son employé passent un marché surprenant). Cette pièce multi-primée est à découvrir le 10 décembre au Mée-sur-Seine.

    Par Natacha Czerwinski (agence TOUTécrit)