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NINO FERRER, À CONTRE COURANT

Publié le 1 Septembre 2020

Alternant chansons populaires et albums confidentiels, l’interprète ne s’est jamais départi de son indépendance artistique, qu’il avait chevillée au corps, ni de son authentique amour de la musique. 

  • Portrait

    Nino Ferrer

    " C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane, à l’Italie... "

    Qui n’a jamais fredonné les paroles de cet immense classique de la chanson française, sorti en 1975 ? Un succès qui, paradoxalement, accompagnera la décision de Nino Ferrer de prendre ses distances avec l’industrie musicale. Tout au long de sa carrière, jalonnée de triomphes et de déconvenues, il paiera chèrement le prix de cette liberté.

    Né à Gênes en 1934, le jeune homme grandit en Nouvelle-Calédonie où son père dirige une entreprise minière. Après la guerre, la famille s’installe à Paris. L’adolescent y découvre le jazz et s’essaie rapidement à différents instruments avant de former, avec un copain, les Dixie Cats. C’est d’abord à ses parents, issus d’un cercle bourgeois et cultivé, qu’il devra s’opposer. Celui qui s’appelle encore Agostino Ferrari se conforme à leur volonté, en terminant ses études d’archéologie et en participant même à quelques fouilles, avant que sa passion ne reprenne le dessus. Il se lance alors dans la musique et, pour préserver les siens, adopte un nom de scène. 

    Un refus du système

    Malgré l’émergence du rock et la mode des yéyés à laquelle il n’adhère pas, Nino Ferrer reste un amoureux du jazz, comme en témoignent ses enregistrements de l’époque. Malheureusement, le public n’est pas au rendez-vous. Malgré la pression de sa maison de disques, le chanteur refuse catégoriquement d’appliquer des recettes toutes faites. En 1966, son premier succès populaire, Mirza, arrive juste à temps.

     

    Surfant sur cette vague, il écrit plusieurs chansons dans cet esprit décalé. Pour autant, Ferrer n’abandonne pas ses ambitions artistiques, comme en témoignent ses disques plus confidentiels, notamment avec le trio de jazz Gottamou, ou encore l’album-concept Métronomie (1972). Avec cet opus qui respire le rock progressif et critique la société de consommation, Nino Ferrer veut sortir de son image de chanteur rigolo. Mais encore une fois, le public le boudera. 

    Écœuré

    Son indépendance et ses revirements musicaux inquiètent sa maison de disques, qui est à deux doigts de s’en séparer. En 1975, sous la contrainte, il enregistre une version française de The South, qui figure sur un autre album. Ce sera Le Sud. Bingo !

     

    La chanson dépasse le million d’exemplaires et caracole en tête des ventes durant deux semaines. Pourtant, ce succès, qu’il considère comme un pur produit de l’industrie musicale, l’écœure. Il finira même par détester ce titre. Rompant avec ce milieu, Nino Ferrer finira par quitter Paris pour sa résidence du Quercy. S’il continue de manière plus confidentielle, il se consacrera également à la peinture, sa deuxième passion.

    Le 18 septembre à Dammarie-lès-Lys

    Vendredi 18 septembre, c’est dans l’espace qui porte son nom, à Dammarie-lès-Lys, que vous seront présentés, à 19 heures, les rendez-vous culturels de la saison. À cette occasion, le groupe Captain’ interprètera des reprises du chanteur, nourries aux grooves torrides du Southern Blues.

    Par Claire Teysserre-Orion (Agence TOUTécrit)