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Christina, Amedeo Modigliani
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MODIGLIANI, DERRIÈRE LE MYTHE

Publié le 8 Octobre 2020

Longtemps boudé par la critique, Modigliani est devenu l’un des peintres du XXe siècle les plus appréciés du public. Son œuvre, tout autant que sa vie romanesque et ombrageuse, ont façonné les contours d’une popularité qui ne s’est jamais démentie. 

Exposition Hommage à Amedeo Modigliani, du 16 octobre au 28 novembre à l'Espace Saint-Jean de Melun. 

  • Portrait

    L’artiste maudit

    Archétype de l’artiste maudit, aux prises avec l’alcool et la drogue, Modigliani aura eu une vie courte et intense : tel est le portrait que l’on pourrait dresser de ce peintre, né à Livourne à la fin du XIXe siècle (1884). Encore faudrait-il ajouter le suicide, en 1920, de son épouse Jeanne Hébuterne, enceinte, au lendemain de sa mort, pour noircir ce tableau qui, longtemps, fit de l’ombre à l’œuvre.

    Mais sa biographie, Modigliani, l’homme et le mythe, publiée en 1958 par sa fille Jeanne Modigliani, qui n’avait que 14 mois à la disparition de ses parents, apporte une autre lumière, plus fine. Comme bien d’autres historiens de l’art, elle s’était peu intéressée à l’œuvre de son père, mais son travail fortement documenté a permis de dépasser l’esquisse du mythe. 

    Peut-être un artiste

    " Ses manières sont celles d’un enfant gâté qui ne manque pas d’intelligence. Nous verrons plus tard ce qu’il y a dans cette chrysalide. Peut-être un artiste ? " Telle est la prémonition d’Eugénie Garsin, la mère d’Amedeo, qui n’aura de cesse de soutenir la vocation de son fils, malgré des difficultés financières.

    Elle emmène l’adolescent réaliser son " Grand Tour " dans le sud de l’Italie, où il découvre Naples, Pompéi, Capri puis Rome. Le jeune homme poursuit sa formation à Florence puis à Venise où il a une révélation pour la sculpture. Il commence à affiner une conception idéaliste de l’art qu’il place au-dessus de tout, y compris de sa propre existence. Mais en ce début de nouveau siècle, la modernité est à Paris, qu’il rejoint en 1906. Il y fréquente l’avant-garde, Picasso, Matisse ou Derain, sans vraiment adhérer à leur travail.

    La sculpture, art majeur

    Parmi ce que l’on appelle à l’époque " l’art nègre ", la sculpture baoulé de la Côte d’Ivoire influencera Modigliani : les figures symétriques, les lignes fluides et les surfaces polies de la statuaire africaine le fascinent. À son tour, et sans aucune formation préalable, il s’essaye à cette technique qu’il considère comme majeure. Il doit cependant l’abandonner car la poussière provoque des quintes de toux et n’améliore pas sa santé déjà fragile.

    À partir de 1914, auteur de 25 sculptures, il se consacre entièrement à la peinture, des portraits et des nus dans lesquels on retrouve cette esthétique. En 1917, aura lieu sa première exposition personnelle à la galerie Berthe Weill. Accrochés dans la vitrine, deux nus féminins font scandale en même temps qu’ils font parler de lui.
    Malgré le bonheur et le relatif apaisement que lui apporte la naissance de sa fille Jeanne, Modigliani renoue avec ses angoisses auxquelles ses addictions n’apportent qu’un apaisement passager. Noyant son mal-être et son infortune, alcoolique, ombrageux, il ne cessera pourtant de travailler à un art de plus en plus accompli.

    C’est au travers d’une sélection d’œuvres que l’Espace Saint-Jean de Melun,vous propose de redécouvrir cet artiste incontournable du XXe siècle.

    Par Claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit)