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Maxime d’Aboville

Publié le 21 Septembre 2020

Dans " Je ne suis pas Michel Bouquet ", Maxime d’Aboville incarne cet immense acteur, sur les planches et sur grand écran. Cette pièce, qui aborde son rapport au théâtre mais aussi au monde, dessine une vie d’exception. A découvrir le 13 octobre à Le Mée-sur-Seine. 

  • Interview

    La pièce s’inspire d’un livre d’entretiens avec Michel Bouquet. Comment vous êtes-vous intéressé à ce texte ?

    Tout le spectacle tourne autour de ma rencontre avec cet ouvrage. J’avais 20 ans quand j’ai découvert Michel Bouquet au cinéma dans le film d’Anne Fontaine, Comment j’ai tué mon père. L’acteur m’a fasciné.

    Il se trouve qu’ensuite, Charles Berling qui figurait également dans la distribution, a proposé à Michel Bouquet de réaliser un livre d’entretiens. Je l’ai lu. J’en ai appris des passages par cœur, notamment celui où il raconte sa rencontre décisive avec Maurice Escande, sociétaire de la Comédie française. Des années après, c’est cet extrait que j’ai récité à Michel Bouquet à la sortie d’un théâtre. Ce fut un moment très fort pour moi. Et lorsque je suis devenu comédien à mon tour, c’est assez naturellement que la pièce a germé de ce texte. 

    À la création de ce spectacle, Michel Bouquet avait 80 ans et vous 40. Peut-on évoquer cette idée de transmission d’un acteur à un autre ?

    Oui, c’est certain. Dans la pièce, j’incarne la parole de Michel Bouquet, sa réflexion sur notre métier et ce rapport au texte qui est très particulier. C’est d’ailleurs ce que dit le titre " Je ne suis pas Michel Bouquet ", à savoir que l’acteur doit complètement s’effacer au profit de l’auteur.

    Mais il n’est pas uniquement question de théâtre. Michel Bouquet est un humaniste et c’est son rapport au monde qu’il m’intéressait aussi d’incarner face au public.

    Justement, comment décririez-vous le rapport au monde d’un homme qui a traversé le XXe siècle ?

    Michel Bouquet est né après la Première Guerre mondiale, il a grandi avec un père traumatisé par le conflit. Mutique, il a passé sept années en pensionnat sans dire un mot. Un jour, sa mère l’a amené au théâtre, lieu de parole par excellence. Lui, qui ne parlait jamais, y a trouvé sa place. Parce qu’au cours de ces longues années de silence, voire de déni de lui-même pourrait-on dire, il a développé l’imaginaire, qui constitue l’outil principal de l’acteur.

    Plus tard, lorsqu’il rencontre Maurice Escande, il comprend que ce sera son métier. Il va alors développer une incroyable énergie de travail. Le théâtre est devenu une religion pour lui et il restera toujours fidèle à ses convictions. 

    Et vous, comment avez-vous compris que le théâtre allait vous accompagner ?

    J’ai découvert cette pratique au lycée, grâce à un atelier. J’y allais de mauvaise grâce, je voulais le plus petit rôle qui soit. Puis la lecture d’un texte à voix haute a fonctionné comme une révélation. Mais j’avais grandi dans les Landes et, allant peu au théâtre, j’ai mis un certain temps à pouvoir l’envisager comme un métier. J’étais par ailleurs un élève assez médiocre jusqu’à ce que la découverte de cette passion me donne le goût du travail.

    C’est ce qu’évoque aussi cette pièce, avec la vocation et l’exigence. Des sujets dont on parle assez peu à notre époque. 

    Propos recueillis par Claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit).

    La pièce " Je ne suis pas Michel Bouquet ", avec Maxime d’Aboville, est programmée le  mardi 13 octobre au Mas, à Le Mée-sur-Seine.