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LE CARNAVAL, UNE HISTOIRE DE VENISE

Publié le 1 Septembre 2020

Et si les festivités d’une ville racontaient le roman de son pouvoir, tant politique, commercial que symbolique ? A cet égard, le carnaval de Venise apparaît, au fil du temps, comme une des flamboyances de la tumultueuse cité italienne. 

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    Le Carnaval de Venise

    Les premières évocations du carnaval de Venise remonteraient au Xe siècle. Les témoignages relatent une fête populaire débutant par un bal suivi de petites animations locales. Les Vénitiens, de toutes conditions sociales, enfilaient une longue cape noire et un masque blanc, pour dissimuler leur identité. Tous devenaient ainsi égaux.

    Quand il est officiellement autorisé, en 1094, l’objectif est d’abord politique : il s’agit d’insuffler une cohésion à la cité, composée de six sestieri, ces quartiers dont l’identité reste, aujourd’hui encore, très marquée. Tous les habitants vivent au même rythme des jeux, comme la fameuse pyramide humaine ou la chasse aux porcs remplacés plus tard par des taureaux. Moins cruel, le " mariage avec la mer " unit le Doge, maître de la cité italienne, avec la mer Adriatique en y jetant un anneau d’or.

    Cet épisode vient symboliser le pouvoir de Venise, car le faste du carnaval tient aussi lieu de vitrine pour cette capitale du royaume de Vénétie qui, du Moyen Âge à la Renaissance, est une des premières puissances maritimes et commerciales d’Europe. Les festivités deviennent ainsi progressivement l’apanage de l’aristocratie, l’on y convie même les princes d’Europe. 

     

    Interdit sous Napoléon !

    Malgré le déclin économique de la ville, à partir du XVIe siècle, son influence dans les arts et la littérature perdure, avec un carnaval omniprésent. A cette époque, certains Vénitiens prenaient même l’habitude de porter quotidiennement un masque, donnant l’impression que l’événement durait des mois !

    C’est l’annexion de la République de Venise par Napoléon Bonaparte, en 1797, qui vient marquer un coup d’arrêt à ce succès : l’anonymat et l’esprit de subversion qui président aux festivités se conforment mal à la nécessité, pour les troupes françaises, de contrôler toute tentative de révolte. Le carnaval est interdit et malgré quelques soubresauts, il perd peu à peu de sa superbe et de son prestige.

    Au diapason du tourisme et de l’économie

    Dans les années 1970, une ancienne tradition du carnaval, pour le moins contestable, renaît de ses cendres : des étudiants lancent des œufs sur les femmes, à l’eau de rose pour les plus belles, et pourris pour les moins séduisantes. Cette pratique est rapidement interdite et c’est en 1980 que le carnaval retrouve son zénith, sous le signe du tourisme de masse : des dizaines de milliers de visiteurs viennent gonfler les rangs des nombreux voyageurs déjà séduits par les gondoles et les églises.

    L’événement représente dorénavant un enjeu économique central, au point d’en dégoûter ses plus fervents défenseurs, à l’image de l’écrivain Philippe Sollers qui, dans son Dictionnaire amoureux de Venise, écrit : " Rien de plus faux, parodique et grimaçant que le carnaval moderne. C’est un truc d’écran pour couturiers et sponsors divers. "

    Mettez-vous dans l’ambiance

    Le samedi 19 septembre prochain, renouez avec l’ambiance d’antan du carnaval, aux 26 Couleurs de Saint-Fargeau-Ponthierry, dans la pièce Il Campiello.

    Par Claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit)