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L’origami, aux confins de l’art et de la science

Publié le 8 Novembre 2019

Née en Asie, cette technique traditionnelle de pliage du papier est bien plus qu’un simple passe-temps créatif. Empreinte de spiritualité et de poésie, elle suscite depuis quelques années un intérêt croissant. Découvrez l'exposition qui lui est consacrée à l'Espace Saint-Jean de Melun dès le samedi 30 novembre.

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    L’art de l’origami

    Animaux, plantes, personnages, formes géométriques ou œuvres originales aux contours inédits : l’imagination et la créativité n’ont pas de limites dans l’origami. Cette technique de pliage, dont l’étymologie provient des mots japonais oru (plier) et kami (papier), consiste à manipuler une simple feuille, généralement de forme carrée, et à la transformer en fleur, en avion, en grue (symbole de bonheur, de longévité et de paix au Japon) voire, pour les plus doués, en Tour Eiffel. Le tout, sans découpage, ni collage.

    Vraisemblablement originaire de Chine, berceau du papier, l’origami gagne le Japon dès le VIe siècle, sans doute par l’entremise des moines bouddhistes. Réservé aux initiés, il est alors utilisé dans un but religieux ou cérémonial. La pratique se popularise au cours de l’ère Edo (1603-1867) et acquiert une dimension utilitaire, servant pour l’emballage de médicaments ou d’aromates, par exemple.

    Akira Yoshizawa, père de l’origami moderne

    En Europe, l’activité se développe à partir du XVIIIe siècle, sous l’impulsion du pédagogue allemand Friedrich Fröbel (1782-1852), dont les théories soulignent l’importance de l’assemblage, du tressage, du pliage et du découpage du papier dans le développement des enfants. Dans les années 1890, l’origami est connu sous le nom d’amusette : l’ouvrage intitulé Le Livre des amusettes, signé Toto, contient ainsi des planches de présentation de plusieurs pliages ludiques, dont la fameuse cocotte, le bateau ou encore le bonnet de police.

    Mais c’est avec le travail de l’artiste Akira Yoshizawa (1911-2005) que l’origami contemporain s’élève au rang d’art. Créateur de plus de 50 000 pliages différents et inventeur du système de codification utilisé dans les diagrammes de pliage modernes, Yoshizawa a proposé des innovations techniques, comme le pli humide. Dans son sillage, de nouvelles générations de passionnés ont laissé s’exprimer leur inventivité à travers cette activité poétique.   

    Une inspiration pour la NASA

    Depuis quelques années, le pliage de papier, qui fait appel aux calculs mathématiques et à la géométrie dans l’espace, a investi la sphère scientifique. Un congrès international, baptisé OSME (Origami in Sciences, Mathematics and Education), se tient d’ailleurs tous les quatre ans depuis 1989 pour mettre en valeur ses liens avec la recherche. Du transport à l’architecture en passant par la mécanique ou la haute couture, l’origami ouvre en effet de nouveaux horizons dans de nombreux secteurs. En 2014, des chercheurs de l’Université de Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont ainsi mis au point un micro-robot conçu sur le modèle du pliage origami, capable de passer d’une forme plate à une structure articulée en quelques minutes, et sans intervention extérieure. Plus inattendu, la NASA s’inspire aussi de ce procédé ancestral pour concevoir des éléments compacts, tels des satellites et des panneaux solaires, pouvant se déployer une fois dans l’espace.


    Venez découvrir l’impressionnant bestiaire de l’artiste Gérard Ty Sovann, maître de l’origami, du 30 novembre au 19 janvier, à l’espace Saint-Jean de Melun.

    Par Natacha Czerwinski (agence TOUTécrit)