Billetterie en ligne
culturetvous.fr : concerts, spectacles, événements...
Imprimer Partager
Vous êtes ici
Accueil /// Actualités
retour

/// Portrait

Haydn, le précurseur

Publié le 8 Novembre 2019

Le compositeur autrichien (1732-1809) incarne, avec Mozart, la quintessence du classicisme viennois. Jusqu’à ce qu’il n’écrive sa 103e Symphonie, en 1795 à Londres, que vous découvrirez le dimanche 1er décembre au Mas, au Mée-sur-Seine...

  • Portrait

    Le père de la symphonie

    Des quatuors à cordes, des morceaux pour clavier, des oratorios… Joseph Haydn a légué au patrimoine musical une production gigantesque. Considéré comme " le père de la symphonie ", ce fils de charron (artisan spécialiste du bois et du métal, ndlr) en a composé plus d’une centaine. Parmi elles, la n°103, intégrée aux " symphonies londoniennes ", n’était pas passée inaperçue

    Un touche-à-tout reconnu partout en Europe

    Lorsqu’il s’attèle à cet ouvrage, Haydn a déjà un parcours incroyable. Pendant plusieurs années, il a en effet été le maître de chapelle du prince Nicolas Ier Esterházy, dit Nicolas le Magnifique. À Esterháza, somptueux palais hongrois construit sur le modèle de Versailles, il a cumulé les activités de compositeur, chef d’orchestre, enseignant, bibliothécaire et conservateur d’instruments. Malgré les commandes pour les festivités organisées au château (bals, visites impériales, etc.), le maître disposait d’une grande liberté de création. Consacré dans toute l’Europe pour son immense talent, il excellait dans l’art de concevoir des pièces de musique sacrée tout autant que de divertissement.

    Immense succès à Londres

    À la mort du prince en 1790, Haydn reçoit plusieurs propositions émanant de cours princières, dont celle du roi de Naples, mais il les refuse toutes. À l’invitation du chef d’orchestre et impresario Johann Peter Salomon, qui l’avait déjà sollicité à plusieurs reprises, il préfère traverser la Manche et participer aux concerts londoniens de Hanover Square. Pour sa première collaboration, en 1791, le compositeur fait exécuter la Symphonie n° 92, la dernière écrite à Esterháza. Le succès est colossal et lui vaudra d’être honoré du titre de Doctor of Music honoris causa à Oxford. Durant son séjour, Haydn composera ses premières symphonies londoniennes (93 à 98), dont l’une des plus célèbres, la n° 94, dite " La Surprise ".

    Quand Haydn casse les codes

    Lors d’un second voyage à Londres (1794-1795), il ajoute six nouveaux opus. Souvent considérées comme ses plus belles créations, mêlant vivacité et profondeur, ces symphonies constituent l’apogée du style d’Haydn et annoncent le XIXe siècle romantique. La 103e en mi bémol tient une place à part dans son répertoire. C’est en effet la première œuvre de l’histoire de la musique classique à ouvrir sa partition avec un solo de timbales, un instrument utilisé pour marquer le rythme au sein de l’orchestre et non pour introduire une composition. Surnommé " roulement de timbales ", ce joyau comprend quatre mouvements (adagio, andante piu tosto allegretto, menuetto et allegro con spirito). Son final très original, construit sur un seul thème, inspirera même Beethoven pour sa Cinquième Symphonie.

    Le 1er décembre, au Mas, au Mée-sur-Seine, la Symphonie n°103 de Haydn sera au cœur du récital proposé par l’Orchestre Melun Val de Seine. Celui-ci mettra également à l’honneur deux autres maîtres de la musique symphonique : Rossini et Sibelius.

    Par Natacha Czerwinski (TOUTécrit)