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Ces artistes qui parlent la langue des signes

Publié le 28 Octobre 2019

Longtemps combattu, voire interdit, ce mode de communication gestuel gagne peu à peu en visibilité, notamment dans le théâtre et la chanson. A découvrir avec le spectacle "C'est signé", le 22 novembre à Dammarie-lès-Lys. 

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    C’est signé

    Cinq interprètes, dont deux sourds et trois entendants, réunis sur scène pour un dialogue mêlant langue des signes et expression orale : tel est le parti-pris original de la pièce C’est signé. Accessible à tous publics, le spectacle - qui explore avec sensibilité les difficultés de communication entre les personnes - séduit novices et spécialistes, à l’image de la comédienne Emmanuelle Laborit et de son acolyte Jennifer Lesage-David, grandes ambassadrices de la culture sourde et de la langue des signes française (LSF).

    " Le bilinguisme LSF et français parlé (y) est traité d’une manière encore jamais vue, de façon très réaliste avec beaucoup de finesse et d’humour ", ont ainsi souligné les deux directrices de l’International Visual Theatre, qui a longtemps été le seul lieu dans le paysage culturel à produire des œuvres intégrant la langue des signes dans la création.

    Reconnaissance officielle en 2005

    Né au XVIIIe siècle sous l’impulsion de l’abbé Charles Michel de l’Epée et pratiqué aujourd’hui par environ 100 000 personnes en France, ce mode de communication a longtemps pâti d’un criant manque de reconnaissance. Combattue et même explicitement interdite, surtout à l’école (lors du Congrès de Milan de 1880, des experts " oralistes " iront jusqu‘à la juger nocive à l’émancipation des sourds), la LSF apparaît pour la première fois à la télévision en 1970, lors d’une émission religieuse. Suivent, en 1979, le programme Mes mains ont la parole, qui s’adresse aux plus jeunes, puis en 1994, L’œil et la Main, émission bilingue et biculturelle élaborée par des sourds et des entendants.

    Cette visibilité cathodique a permis de faire évoluer les mentalités et les représentations : en 1993, c’est avec le signe " unir " qu’Emmanuelle Laborit, première actrice sourde à recevoir un Molière, avait remercié l’auditoire. Douze ans plus tard, en 2005, la LSF franchissait un pas supplémentaire en obtenant officiellement le statut de langue à part entière.

    Le " chansigne ", un art novateur

    Depuis, les initiatives se multiplient, notamment dans la sphère artistique. Tandis que les musées proposent de plus en plus de visites " signées ", les clips musicaux en LSF - à l’image de celui de Florent Pagny, Savoir aimer, ou de celui des Enfoirés, Juste une p’tite chanson - rencontrent un vrai succès.

    Le " chansigne ", cette forme d’expression qui permet de transcrire les paroles d’une chanson en signes, puis de signes en mouvements en s’adaptant au rythme, gagne également du terrain. Cet art novateur permet à la fois aux musiciens de faire découvrir leur travail à tous les publics et aux spectateurs entendants de vivre une expérience poétique et sensorielle inattendue. Pionnier du genre, le rappeur américain Sean Forbes avait fait sensation en 2010 avec son titre I’m Deaf, interprété en langue des signes, en chanson et en musique. En France, plusieurs artistes font désormais appel à des " chansigneurs " pour enrichir leurs spectacles : Julien Doré était ainsi accompagné de la chorale " Les Mains pleines de voix " lors de sa dernière tournée, ainsi qu’à l’occasion de sa prestation aux Victoires de la musique 2018.

    Ne ratez pas C’est signé, un spectacle inédit qui mêle parole, langue des signes et expression corporelle, le 22 novembre à Dammarie-lès-Lys.