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Camille Claudel : un destin tourmenté

Publié le 13 Octobre 2019

Peintre et sculptrice de génie, celle qui a été l'élève, l'assistante, la maîtresse et la muse d’Auguste Rodin a passé les 30 dernières années de sa vie dans un asile. Longtemps oubliée, cette artiste majeure, féministe et avant-gardiste, a été redécouverte dans les années 1980.

  • Portrait

    Camille Claudel et Auguste Rodin

    " Je lui ai montré où elle trouverait de l’or, mais l’or qu’elle trouve est bien à elle ", disait Auguste Rodin. Née en 1864 à Fère-en-Tardenois, dans l’Aisne, Camille Claudel commence très jeune à travailler la glaise. Douée et volontaire, elle se fait remarquer par le sculpteur Alfred Boucher, un ami de la famille. Celui-ci convainc le père de Camille de s’installer à Paris pour que sa fille puisse poursuivre son apprentissage.

    À 19 ans, elle rencontre Auguste Rodin, de 24 ans son aîné. Celui-ci est immédiatement fasciné par le talent et la fougue de la jeune femme, dont il tombe amoureux. De cette histoire passionnée naîtront de nombreuses œuvres : il réalise plusieurs portraits de son amante, comme Camille aux cheveux courts ou Camille au bonnet. De son côté, elle participe aux créations du maître, notamment Les Bourgeois de Calais dont elle sculpte une tête, et l’aide à la réalisation de La Porte de l’Enfer. Elle rendégalement hommage à son pygmalion au travers du Buste de Rodin.

    Tiraillée par la destinée humaine

    Mais la production de Camille Claudel va bien au-delà de sa relation avec Rodin. Ainsi, pour sa première création vraiment ambitieuse, Sakountala, l’artiste choisit une source d’inspiration inédite : une légende hindoue racontant les amours contrariées d’un prince et d’une jeune fille. Son travail renvoie aussi fréquemment à une interrogation fébrile sur la destinée humaine : avec La Valse, elle met en scène un couple de danseurs à la limite du déséquilibre, comme emporté dans un tourbillon. Quant au portrait La Petite Châtelaine, il reflète les inquiétudes de l’enfance.

    À partir de 1893, l’entente du couple s’étiole car Rodin n’est pas résolu à quitter sa compagne officielle, Rose Beuret. De leur rupture en 1898, naîtra l’Âge Mûr, une des œuvres majeures de Camille Claudel. On y voit une femme nue implorant un vieillard qui se détourne pour rester dans les bras d’une autre, plus âgée.

    Son propre musée à Nogent-sur-Seine

    Soucieuse de s’affranchir de l’influence artistique de son mentor, Claudel travaille alors sur des croquis d’après nature, inspirés du quotidien. Ainsi, Les Causeuses évoque une scène de bavardage, tandis que La Vague représente trois femmes qui dansent sans se préoccuper du déferlement qui menace.

    En 1913, constatant la dégradation de l’état de santé de Camille Claudel, qui souffre de troubles paranoïaques et vit recluse dans son atelier, son frère Paul et sa mère la font interner à l’asile de Ville-Evrard. Transférée l’année suivante dans un établissement du Vaucluse, elle y restera jusqu’à son décès, le 19 octobre 1943.

    Longtemps oubliée, la sculptrice est redécouverte au début des années 1980 : les expositions se succèdent, d’abord au Japon, puis à Paris. Le livre d’Anne Delbée (Une femme, Camille Claudel), publié en 1982, ainsi que le film de Bruno Nuytten, sorti en 1988, avec Isabelle Adjani dans le rôle-titre, la font connaître du grand public. Depuis mars 2017, cette artiste avant-gardiste a également son propre musée à Nogent-sur-Seine.

    Avec la pièce Du rêve que fût ma vie, plongez dans la correspondance de Camille Claudel, le 22 novembre, à Melun.

    Natacha Czerwinski (agence TOUTécrit).