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Tragédie : des origines aux grands classiques

Publié le 7 Novembre 2017

Dans le langage courant le mot "tragédie" désigne un événement terrible, souvent funeste. Mais si l’on creuse un peu, les racines nous emmènent sur la piste d’un… bouc. De quoi en perdre son latin ou plutôt son grec ! Pour comprendre la tragédie, il faut donc remonter aux origines.

  • D’après son étymologie grecque, le terme "tragédie" signifie littéralement "chant du bouc", c’est-à-dire le chant religieux qui accompagnait le sacrifice d’un bouc aux fêtes de Dionysos, le Dieu de la vigne. Depuis l’origine, la tragédie est donc associée à la mort. Une issue fatale chantée et très ritualisée.

     

    Touché au choeur

    La tragédie naît en Grèce au VIème siècle av. J-C. Le genre s’est développé dans le cadre de grandes fêtes appelées les Dionysies. Il s’agissait alors de représentations théâtrales accompagnées d’un chœur et fortement structurées. Le prologue expose la situation, s’en suit un parodos, le chant d’entrée du chœur - composé d’une quinzaine de chanteurs. Viennent ensuite une série d’épisodes, entrecoupés de stasimons pendant lesquels le chœur commente l’action. La tragédie se termine par l’exodus, le dénouement puis la sortie du chœur.

    Eschyle, Sophocle et Euripide sont les maîtres du genre. Avec L’Orestie, Antigone, Œdipe Roi, Electre ou Andromaque, les trois dramaturges ont porté la tragédie antique à son apogée. Celle-ci trouve sa source d’inspiration dans l’histoire et la mythologie. Le héros tragique est un personnage hors norme - issu d’un rang social, politique, mythologique ou biblique élevé –, soumis à une force qui le dépasse. Dans cette confrontation avec le destin et la passion l’issue est souvent la mort.

    Un genre très codifié

    En France, la tragédie retrouve un second souffle au 17e siècle, sous la plume de Pierre Corneille et Jean Racine. Leurs chefs d’œuvres que sont Le Cid, Horace, Bérénice, ou encore Phèdre, répondent à des règles strictes. Les pièces sont composées de cinq actes, écrits en alexandrins, et dont l’intrigue est vraisemblable. Mais surtout, les tragédies respectent la règle des trois unités de temps, de lieu et d’action. Boileau résumera cette contrainte par un seul vers : "Qu’en un jour, qu’en un lieu, un seul fait accompli, tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli ". Si, sur la forme, les deux auteurs s’accordent, il n’en est pas de même sur le fond. Pour Corneille, la violence est le ressort principal de la tragédie, tandis que pour Racine, elle est accessoire. Une chose est sûre, la tragédie a voyagé depuis l’antiquité sans prendre une ride. D’ailleurs, les tragédies modernes s’inspirent des anciens – Antigone de Jean Cocteau, Electre de Giroudoux, Antigone d’Anouil -  mais se libèrent des contraintes classiques pour s’adapter aux maux de notre société.

    Côté tragédie, les Anglais ne sont pas en reste ! La preuve avec Shakespeare et son chef d’œuvre Othello, que pourrez applaudir le 17 novembre à Melun.