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Shoah : raconter l’indicible

Publié le 13 Novembre 2017

« Ecrire un poème après Auschwitz est barbare », écrivait le philosophe allemand Theodor Adorno, réfugié aux Etats-Unis pour fuir le nazisme. Longtemps, seuls les survivants ont pris la parole pour témoigner, sans toujours être entendus. Puis la Shoah est entrée dans la littérature, le cinéma, la télévision et même la bande dessinée.

  • Les termes Holocauste, puis Shoah ne sont apparus que tardivement. Juste après la guerre, une fois passé le choc des images de la libération des camps, ce sont surtout les déportés résistants qui témoignent sur les camps de concentration à l’image de Robert Antelme (L’Espèce humaine), David Rousset (Les Jours de notre mort) ou Charlotte Delbo (Aucun de nous ne reviendra).

     Des voix qu’on n’entend pas

    Les premiers témoignages des rescapés des camps d’extermination ne rencontrent guère d’écho, du moins en Europe. Publié en 1947, le chef d’œuvre de Primo Levi Si c’est un homme n’est diffusé qu’à 1.500 exemplaires et il faudra attendre 1958 pour qu’il soit réédité. Cette même année paraît aussi La Nuit d’Elie Wiesel. Et Jorge Semprun, déporté politique, attendra 1980 pour publier Quel beau dimanche sur son expérience de Buchenwald.

     Du témoignage à la fiction

    Durant toute ces années, comme paralysé par la phrase d’Adorno, faire œuvre de fiction sur les camps d’extermination semble impossible. La Shoah n’apparaît donc que tardivement - parfois de façon furtive - dans la littérature, à travers les œuvres de Georges Pérec, Patrick Modiano (J’étais Dora Bruder), Henri Raczymow (Un cri sans voix) ou Imre Kertész (Être sans destin).

     

    La Shoah au cinéma

    Le cinéma s’aventure aussi à rendre compte des camps, d’abord en 1956 avec Nuit et brouillard d’Alain Resnais, et surtout avec le chef d’œuvre de Claude Lanzmann Shoah, en 1985. Après la série télévisée Holocauste qui, en 1977, bouleverse des millions d’Américains qui redécouvrent l’histoire des camps d’extermination, les œuvres de fictions se font plus nombreuses : La liste de Schindler, bien sûr, mais aussi Monsieur Klein de Joseph Losey, Au revoir les enfants de Louis Malle, La Vie est belle de Roberto Benigni, ou encore Le Pianiste de Roman Polanski. En même temps, l’histoire de la Shoah gagne la bande dessinée avec Maus d’Art Spiegelman, la première BD à avoir reçu le prestigieux prix Pulitzer.

    Pour sa part, Une petite fille privilégiée retrace le terrible parcours d’une enfant arrêtée avec sa mère, puis déportée au camp de Bergen Belsen. Une pièce émouvante à découvrir à Vaux-le-Pénil, le 30 novembre.