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Marie d'Angleville
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Romain Humeau: "Mes chansons sont des questionnements"

Publié le 21 Mars 2018

Le leader du groupe de rock Eiffel mène également un joli parcours en solitaire. En tournée jusqu’en décembre avec ses deux derniers albums Mousquetaire #1 et #2, il s’arrêtera au Mée-sur-Seine, le 13 avril, dans le cadre du concert Les Amplifiés. L’occasion d’en savoir plus sur cet artiste prolifique et touche-à-tout.

  • Chanteur, compositeur, arrangeur, co-créateur d’un label... Vous cumulez les rôles et les métiers. Comment vous définissez-vous ?

    Je ne sais plus trop ! Plus sérieusement, je suis tout simplement quelqu’un qui écrit des chansons. Mais de fil en aiguille, je me suis rendu compte qu’il était intéressant de tout englober : l’écriture, les arrangements, les enregistrements. Ces multiples casquettes me permettent d’aller au bout de mes idées. Quant à la création du label Seed Bombs Music, elle participe d’une nécessité : à l’heure actuelle, les disques ne se vendent plus à cause de la prédominance du streaming, sur lesquels les artistes ne touchent quasiment rien. On assiste à une spoliation de la propriété intellectuelle par les grandes plateformes et il est probable que, dans cinq ans, les maisons de disques auront disparu. En lançant un label, nous voulions disposer d’une structure hydride et indépendante qui fonctionnerait un peu comme une AMAP ; du producteur au "consommateur".

    La musique a-t-elle toujours tenu une place centrale ?
    Oui. J’ai baigné dans la musique baroque durant toute mon enfance. Mon père était facteur de clavecins et ma mère flûtiste. J’ai commencé le violon à 5 ans, mon père m’a appris la guitare, puis j’ai fait toutes les classes possibles au conservatoire. À 11 ans je voulais déjà faire ce métier. J’en ai 46 ans et mon envie décuple d’année en année ! Je considère que c’est mon rôle, mon devoir. Comme disait Lennon, écrire une chanson est déjà un acte politique.

    Comment travaillez-vous ?

    J’essaie de concevoir le plus possible les titres dans ma tête. C’est là où on est le plus libre, le plus fou. Entre le groupe et mes projets en solo, la façon de produire, de réaliser et d’orchestrer est totalement différente. Eiffel, c’est quatre personnes, quatre instruments et une forme de carcan dans lequel il faut inventer. Quand je suis seul, je peux utiliser les instruments que je veux, mêler des influences trash, hip hop, africaines, etc. Car même si je suis plutôt dans la pop et le rock, j’aime toutes les musiques. Ce qui m’intéresse, c’est chercher.

    Parlez-nous de Mousquetaire #2, votre dernier album solo qui est sorti fin janvier...

    Le titre est une référence à mon enfance : quand j’avais entre 5 et 10 ans, je me baladais partout avec un chapeau orné d’une plume d’autruche, un pantalon en velours, des bottes en plastique et un vélo en guise de cheval ! J’aime bien l’auto-dérision et je suis dans une forme d’imaginaire de Pierrot lunaire. Il y a comme du Walt Disney dans ce Mousquetaire #2, qui est encore plus décomplexé et libre que l’opus précédent. Mais cet album est aussi un peu plus tendu : on y trouve par exemple une chanson sur le suicide, Artichaut.

    Qu’est-ce qui caractérise votre écriture ?

    J’aurais du mal à le dire... Mais une chose est sûre : je ne veux pas faire du néo-réalisme. Mes chansons sont des questionnements. Je cherche un trajet poétique, je veux livrer des images, colporter des impressions, jouer avec les mots. C’est là qu’il se passe quelque chose.

    Concert " Les Amplifiés " avec Romain Humeau, French Paradoxe et Py, le vendredi 13 avril à 20h au Chaudron, MJC du Mée-sur-Seine.

     

    Par Natacha Czerwinski (TOUTécrit)