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Stef Bloch
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Quand les metteurs en scène revisitent leurs classiques

Publié le 27 Février 2018

Sur scène ou au cinéma, les grandes œuvres théâtrales n’ont de cesse d’être réinterprétées et réadaptées. L’objectif ? Remettre le texte au goût du jour et séduire un public nouveau.

  • " Le monde de l’art n’est pas celui de l’immortalité, c’est celui de la métamorphose ", disait André Malraux. La formule va comme un gant aux grands textes classiques qui n’ont cessé, au fil du temps, d’être réinterprétés et modernisés, afin de de leur donner une tonalité nouvelle... et parfois déconcertante.

    Avec Edmond, par exemple, Alexis Michalik plonge le spectateur dans les coulisses de la création de la pièce Cyrano de Bergerac. Dans une mise en scène tourbillonnante, l’auteur s’attache aux pas d’un Edmond Rostand en panne d’inspiration qui - entre les caprices de ses actrices, la jalousie de sa femme et les histoires de cœur de son meilleur ami - tente d’écrire le texte qui fera sa gloire.

    Dans un autre registre, Thomas Jolly avait fait sensation, en 2015 et 2016, avec ses adaptations de Shakespeare : dans Henry VI puis dans Richard III, le jeune metteur en scène, connu pour son sens du spectacle, colorait le texte du dramaturge anglais d’une teinte pop-rock (fumigènes, néons et lasers à l’appui) et empruntait ses références autant à Star Wars qu’à Tim Burton ou à David Bowie. À l’automne 2017, Timofeï Kouliabine, figure-phare de la jeune génération du théâtre russe, avait de son côté proposé à Paris une version des Trois Sœurs de Tchekhov en… langue des signes russe. Un parti-pris à la fois original et émouvant.


    L’œuvre originelle comme point de départ

    Le cinéma aussi aime s’emparer des classiques pour les remettre au goût du jour. Ainsi, dans Roméo + Juliette, Baz Luhrmann a conservé l’intrigue (et le texte original, dans une version légèrement adaptée et raccourcie) mais a transposé l’histoire des amoureux maudits au XXe siècle et dans un quartier imaginaire de Los Angeles, Verona Beach.
    Plus récemment, Omar Sy a prêté ses traits au docteur Knock. Ce personnage culte de médecin manipulateur, créé par Jules Romains, avait déjà été immortalisé à l’écran par l’incomparable Louis Jouvet.

    Mais les adaptations sont parfois beaucoup plus libres, l’œuvre théâtrale originelle servant de point de départ à l’imagination du réalisateur. Dans Alceste à bicyclette, de Philippe Le Guay, Le Misanthrope de Molière fait office de toile de fond à la rencontre entre une star du théâtre (Fabrice Luchini) et la vedette d’une série télé (Lambert Wilson), venue lui proposer de remonter sur les planches. Et puis, personne n’a oublié le duo Louis de Funès - Yves Montand dans La folie des grandeurs. À partir d’un scénario (très) librement inspiré du Ruy Blas de Victor Hugo, Gérard Oury avait fait de ce grand classique un incontournable du box-office (5,3 millions d’entrées en 1971).