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Quand la Justice fait son cinéma

Publié le 31 Janvier 2019

Du crime à l’enquête, du procès à la condamnation, de l’aveu au couloir de la mort, la justice a inspiré de nombreux films. En France, plusieurs festivals aiment à rappeler ces liens entre fiction et réalité. 

  • Justice et cinéma : lequel fascine le plus l’autre ? Les réalisateurs semblent nourrir, à l’égard des hommes de lois, un attrait XXL. À moins que ce ne soit l’inverse. En 2017, lors de son audience solennelle de rentrée, le Tribunal de Grande Instance de Limoges annonce la création du festival du film judicaire. Conçu comme une rencontre entre le public et le corps judiciaire, cet événement propose des longs-métrages faisant écho à des histoires vraies ou des situations auxquelles tout citoyen est susceptible d’être confronté : la garde alternée après un divorce (Jusqu’à la garde de Xavier Legrand), le calvaire d’un inculpé à tort dans l’affaire d’Outreau (Présumé coupable de Vincent Garenq), ou encore le quotidien des policiers de la Brigade de Protection des Mineurs (Polisse de Maïwenn).


    Débats et questions sociétales

    C’est une toute autre intention qui a présidé aux “Rencontres droit, justice et cinéma” de Lyon. Cet événement initié par le Barreau et l’Université Jean-Moulin est né de la volonté d’explorer la représentation du droit sur le grand écran. Des tables rondes instauraient un dialogue entre les professionnels de ces deux univers sur des sujets aussi divers que la représentation des policiers, l’enfance en difficulté ou la société de surveillance. En 2018, à Agen, dans le cadre du festival “Justice et cinéma”, le président du Montreur d’images, une salle d’art et d’essai, et un avocat posaient quant à eux une épineuse question : peut-on punir les fous ? La programmation faisait la part belle au documentaire avec Titicut Follies (1967), tourné dans l’hôpital pour aliénés criminels de Bridgewater aux États-Unis, ou le film de Raymond Depardon, 12 jours (2017).


    Une fenêtre sur le monde

    Mais il est des événements encore plus inattendus, à l’instar de “Fleury fait son cinéma” qui se déroule dans l’enceinte de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Organisé avec le service pénitentiaire d’insertion et de probation de l’Essonne, il s’adresse directement aux détenus. Ici, le grand écran représente une fenêtre sur le monde extérieur. Lors de sa dernière édition, les huit films sélectionnés portaient sur le thème “Choix de vie, parcours de vie”. Initié à l’analyse critique par des professionnels, le jury constitué de neuf hommes et femmes en détention et de quatre personnels pénitentiaires remettait une série de prix aux lauréats.

    12 hommes en colère est de ces grands classiques où la justice est au cœur de l’intrigue. Le 12 février prochain, au Mée-sur-Seine, c’est au théâtre que vous êtes invités à (re)découvrir ce huis clos haletant qui nous interpelle sur la responsabilité des jurés, l’intime conviction ou la peine de mort.

    Claire Teysserre-Orion (TOUTécrit)