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Punish Yourself: âmes sensibles, s’abstenir!

Publié le 26 Novembre 2018

Peintures fluo sur le corps, guitares hurlantes et voix distordues, le groupe Punish Yourself ne fait pas dans la dentelle. Voilà 25 ans que ces Toulousains parcourent le monde avec leur musique abrasive et festive. Avant leur prestation dans le cadre des Amplifiés, le 21 décembre, interview avec le chanteur VX.

  • Votre dernier album, “Spin the pig”, est présenté comme le plus “énervé” de votre discographie. Pourquoi ce choix ?

    Quand on voit l’état du monde, on a envie de tout abandonner ou taper fort. Nous avons privilégié la deuxième option. Qui plus est, quelques-uns d’entre nous ont beaucoup tourné avec le collectif “Le Bal des enragés”, ce qui nous a redonné envie de faire de la musique comme à nos débuts, beaucoup plus punk.

    Et, notre guitariste, Miss Z, a quitté le groupe l’an dernier ; elle nous freinait souvent lorsque nous voulions composer des morceaux très violents. Là, un peu comme des enfants dont les parents leur ont laissé les clés de la maison, nous avons pu être libres. Et nous en avons un peu profité !


    Pour qualifier votre musique, on a parlé de techno punk, de rock électro… Quel est le bon terme ?

    Elle est un mélange d’un peu tout ça, même si les étiquettes qu’on a pu nous coller nous ont toujours semblé réductrices. Nous avons des influences profondes aussi variées qu’Iggy Pop, les Cramps ou la techno hardcore… Disons que nous faisons du metal indus : ce n’est pas exactement ça, mais au moins le public voit à peu près de quoi on parle.


    Depuis la création de Punish Yourself en 1993, vous n’avez jamais arrêté de composer et de vous produire. Une longévité rare pour un groupe underground…

    C’est vrai que nous sommes un peu des survivants ! Nous existons depuis 25 ans, mais nous restons relativement confidentiels. Nous ne sommes pas consensuels et, par conséquent, nous ne pouvons pas nous attendre à plaire à tout le monde. Nous nous adressons à des passionnés qui sont prêts à être secoués par la musique. Mais, comme nous avons la chance de jouer régulièrement dans des festivals, pas mal de monde nous découvre encore par hasard. Le côté spectaculaire de nos concerts fait que nous avons un public plus large que notre style musical.


    Vous parlez souvent d’expérience plutôt que de concert…

    Le spectacle n’est pas seulement sur scène, il doit être dans la salle. D’ailleurs, dans les bons concerts, on sent que le public évacue des choses : il y a une espèce de transe collective qui fonctionne bien. Nous avions, dès la création du groupe, l’idée de faire quelque chose de visuel, mais nous ne savions pas quoi. Un jour, l’un de nos musiciens s’est retrouvé avec des néons de lumière noire sur les bras et il a proposé qu’on se peigne en fluo. La première fois que nous avons testé le principe, le public a reculé de trois mètres et il y a eu un grand silence. On s’est dit : “Là, il se passe quelque chose”. La lumière noire sert d’élément déclencheur pour permettre aux spectateurs d’entrer dans un autre monde.

    Vous travaillez déjà sur votre prochain album, dont la sortie est prévue au printemps 2019. Comment concevez-vous vos chansons ?

    Il m’arrive souvent de trouver le titre avant de commencer à composer. C’est comme un rituel. La question de la signification n’est pas forcément très importante pour nous : je crois plus à la poésie des mots et au choc des phrases, même quand ça ne veut rien dire. D’ailleurs, il y a des paroles que j’ai écrites en accolant les mots les uns derrière les autres et qui ont fini par prendre du sens des années plus tard.
    Nous avons toujours cherché à créer la musique qu’on aimerait entendre en entrant dans un bar ou une boîte de nuit. Nous voulons nous faire plaisir à nous-mêmes pour faire plaisir au public. Notre credo, c’est de nous amuser, parce qu’on sait que ça ne durera pas éternellement.

    Propos recueillis par Natacha Czerwinski (TOUTécrit) 

    Punish Yourself fera tremblerle Chaudron le 21 décembre, à 20h, au Mée-sur-Seine. Les spectateurs pourront également découvrir le groupe Syndro-Sys et son dark rock industriel.