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Anton Lomaev
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Moby Dick, roman symboliste par excellence

Publié le 26 Avril 2018

Écrit en 1851, le chef-d'œuvre d'Herman Melville n'est pas qu'une simple histoire de chasse au cachalot. C'est avant tout un questionnement permanent sur le bien et le mal. Le comédien Mikaël Chirinian s'en est inspiré pour sa pièce L'Ombre de la baleine.

  • Roman incontournable de la littérature américaine, Moby Dick a entraîné des millions de lecteurs dans cette épopée incroyable, aux confins des océans. Dans ce récit, le héros Ismaël embarque sur un baleinier, Le Péquod, commandé par le capitaine Achab. Ce dernier est bien décidé à se venger de Moby Dick, un cruel cachalot blanc qui lui a arraché la jambe par le passé.

    A sa publication en 1851, le roman ne rencontre pas le succès escompté. Ce n’est que dans les années 1920, un siècle après la naissance de son auteur Herman Melville, qu’il sera redécouvert et encensé dans le monde entier. "Plus qu’un chef-d’œuvre, un formidable monument", écrira même Jean-Paul Sartre en 1941. Le philosophe ne s’y trompe pas. Dans cette fable métaphysique, Melville distille ses interrogations sur la vie, sur Dieu et la confrontation entre le bien et le mal. Les symboles y sont nombreux, donnant au récit une dimension biblique, appuyée par les noms des personnages (Achab, Ismaël, Elijah), tous puisés dans l’Ancien Testament.

     

    Un affrontement ambigu

    Aux yeux du capitaine, la baleine représente même le Léviathan, ce monstre légendaire, incarnation du mal et du désordre. L’animal devient alors l’obsession de son chasseur qui sombre doucement dans la folie, emportant son équipage dans une aventure destructrice et vaine. Dans ce combat, qui est véritablement le diable ? Le cachalot sans foi ni loi ou bien l’homme obnubilé par sa vengeance ? Melville brouille les pistes et dépeint Achab en personnage orgueilleux qui court à sa perte. Peu à peu, ses intentions le transforment et le décomposent. Il n’a plus rien du grand héros des premiers chapitres. De son côté, Moby Dick est-il vraiment cette bête malfaisante ? Sa couleur blanche est paradoxale. "Sinistre" et "terrible" pour l’auteur, elle renvoie aussi à la pureté et à l’innocence, dans l’imaginaire occidental. L’écrivain Maurice Blanchot verra même, dans les traits du cétacé, l’image d’un ange. Le livre est donc une formidable invitation à la philosophie.

    En s’inspirant librement de Moby Dick, Mikaël Chirinian reprend à son compte la quête insensée du capitaine Achab. Mais pour le comédien, le "monstre" est une métaphore de la folie incontrôlée qui touche les membres de sa famille. En ce sens, son enfance tourmentée est une parfaite allégorie de l’œuvre de Melville.

    La représentation de L’Ombre de la baleine sera jouée à l’Espace Nino Ferrer de Dammarie-lès-Lys, le 19 mai 2018.  

    Thomas Leroy (TOUTécrit)