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Marivaux, l’orfèvre du sentiment amoureux

Publié le 1 Mars 2018

Journaliste, romancier et auteur dramatique prolifique, Marivaux a exploré avec talent les méandres du cœur humain. Il fut également un témoin essentiel de la société française de la première moitié du XVIIIe siècle.

  • Rares sont les auteurs qui peuvent s’enorgueillir d’avoir donné leur nom à des termes qui appartiennent désormais à la langue française. Marivaux est de ceux-là. En mettant l’amour au cœur de son œuvre théâtrale et en faisant de la conversation le levier de la séduction, le dramaturge a inventé le "marivaudage" et est entré dans l’histoire.

    Né à Paris en 1688, Pierre Carlet de Marivaux a 10 ans quand sa famille part s’installer à Riom, en Auvergne. Après avoir étudié au Collège des Oratoriens, il retourne dans la capitale en 1710 pour s’inscrire à la faculté de droit et faire ainsi plaisir à son père, fonctionnaire de l’Intendance de la marine et de la guerre. Mais c’est la littérature qui l’intéresse. Il écrit ainsi, dès 1712, sa première comédie, Le Père prudent et équitable. Fin observateur de la vie parisienne, il rédige également à partir de 1717 des Lettres sur les habitants de Paris pour le Nouveau Mercure avant de publier, en 1721, un périodique dont il est le seul rédacteur, Le Spectateur français. Il décrit dans ses textes la société cloisonnée et hiérarchisée de l’époque, évoque avec humour les travers de ses contemporains et propose des réflexions morales qui le situent entre La Bruyère et Diderot.
    En 1722, il connaît son premier succès théâtral avec La Surprise de l’amour. Suivent La double Inconstance (1723), Le Prince travesti (1724), La Fausse suivante (1724), Le Jeu de l’amour et du Hasard (1730) etLes Fausses Confidences (1737). Ses pièces interrogent la sincérité du sentiment amoureux et le poids des convenances sociales, le travestissement servant paradoxalement de révélateur.

    Autant de partisans que de détracteurs

    Marivaux est aussi l’auteur de deux grands romans d’apprentissage : La vie de Marianne, histoire d’une orpheline abandonnée dans le Paris de 1730, et Le Paysan parvenu, dans lequel un jeune homme de condition modeste s’élève grâce à son esprit et à son mérite. Le dramaturge est élu à l’Académie française le 24 décembre 1742. Il décèdera en 1763.

    De son vivant, il comptait autant de partisans que de détracteurs. Encensé pour ses pièces, surtout durant la période 1720-1727, reçu dans les salons les plus courus de Paris, il fut aussi critiqué, voire moqué. On lui reprochait son écriture précieuse et alambiquée. On l’accusait aussi de déformer la langue : on lui doit d’avoir popularisé l’expression "tomber amoureux", ce qui lui avait valu, à l’époque, de nombreuses railleries. Ce n’est qu’au XXe siècle que Marivaux obtiendra le statut de grand auteur classique. Il est aujourd’hui joué sur toutes les scènes du monde.

    La compagnie Saudade et Philippe Calvaire proposeront le 30 mars, au Mée-sur-Seine, une version moderne et audacieuse du Jeu de l’amour et du hasard.