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Les liens familiaux, inépuisables leviers de création

Publié le 19 Mars 2018

" Familles, je vous hais ! ", écrivait André Gide dans Les Nourritures terrestres. Lieu de toutes les émotions, la cellule familiale est un des fondements de la société et a toujours fasciné par sa complexité. De quoi inspirer les artistes...

  • Quel meilleur terreau artistique que celui de la famille ? Laboratoire des relations humaines, vivier inépuisable d’émotions, celle-ci condense tous les ingrédients de la dramaturgie et a toujours été au cœur de la création. Pour mettre en scène ces ressorts psychologiques subtils, la saga familiale constitue une matrice idéale. Parmi ces épopées, il y a bien sûr Les Rougon-Macquart : à travers cette œuvre monumentale composée de vingt romans parmi lesquels La Fortune des Rougon, Nana, L’Argent ou Germinal, Zola a eu l’ambition de dresser, disait-il, " un simple exposé des faits d’une famille, en montrant le mécanisme intérieur qui la fait agir ".
    Plus récemment, dans Le Livre des Baltimore, Joël Dicker (rendu célèbre par le succès de La vérité sur l’affaire Harry Québert) trace le destin d’une famille divisée en deux clans, l’un ordinaire, l’autre prospère. Jusqu’au jour du " Drame ". La complexité des liens familiaux et les secrets qui s’y épanouissent sont également au cœur de L’Art de perdre, prix Goncourt des lycéens 2017. Alice Zeniter y raconte le parcours, entre la France et l’Algérie, de trois générations prisonnières d’un passé tenace.

     
    D’Hamlet à la trilogie de Zeller

    Le théâtre aussi aime scruter ce qui se passe au sein des foyers. Fasciné par les relations parents/enfants, Florian Zeller en a fait une trilogie : La Mère, créée autour de Catherine Hiegel, parle de la difficulté pour une femme de perdre son rôle de mère. Le Père, écrit pour Robert Hirsch, donne à voir la dégénérescence d’un vieil homme et le désarroi de ses proches. Et dans Le Fils, Yvan Attal incarne un père dépassé par son adolescent. Le rapport père-fils a d’ailleurs souvent servi de levier artistique. L’intrigue de l’une des plus célèbres pièces du répertoire classique, Hamlet, de Shakespeare, ne repose-t-elle pas sur le désir d’un fils de venger la mort de son père ?

    Le cinéma a également beaucoup exploré le sujet : ainsi, dans Père et fils, Philippe Noiret s’invente une maladie pour obliger ses trois garçons à partir en voyage avec lui et récréer ainsi l’unité familiale perdue. Dans un registre plus comique, le film Les Compères met en scène la folle équipée de Gérard Depardieu et Pierre Richard, partis en quête d’un jeune homme dont ils s’imaginent tous deux être le père.

    Déterminant dans la construction des individus, ce lien père-fils peut devenir, notamment lorsqu’il est conflictuel, le point de départ de toute une œuvre. La Lettre au père, de Franz Kafka, est ainsi considérée comme la clef de ses romans : dans ce courrier, écrit en 1919 et qui n’a jamais été remis à son destinataire, l’écrivain décrit ses problèmes relationnels avec son géniteur. Et, en découvrant cette figure paternelle intransigeante, on comprend mieux l’un des thèmes chers à Kafka : le rapport difficile à une autorité injuste.

    Dans Le bois dont je suis fait, La Compagnie Qui Va Piano plonge les spectateurs dans les méandres des relations de famille. Une comédie à la mise en scène inventive à découvrir le 12 avril, à Vaux-le-Pénil.