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Le Centenaire de la Grande Guerre: des artistes dans les tranchées

Publié le 30 Octobre 2018

La guerre de 14-18 marque la première tragédie du XXe siècle. Les artistes de l’époque ont été nombreux à exprimer ce que fut l’horreur de ce conflit. Cent ans plus tard, ils font encore œuvre de mémoire.

  • La Grande Guerre a laissé des séquelles indélébiles à ceux qui y ont pris part. Parmi eux, des artistes ont témoigné, à travers leur discipline, de l’horreur de cette immense tragédie humaine. Des poètes comme Guillaume Apollinaire ou Louis Aragon ont eu recours aux vers et aux rimes pour s’opposer au conflit. « J’ai buté sur le seuil atroce de la guerre / Et de la féerie il n’est resté plus rien » se désole ainsi l’auteur du Fou d’Elsa, qui s’engagera plus tard pour la paix.

    Avec la conscription en 1914, des artistes seront eux-mêmes mobilisés pour la première fois sur le front. Ceux qui partiront la fleur au fusil perdront à jamais leur innocence.

    La littérature qui, pendant longtemps, avait célébré le courage et l’héroïsme des soldats, dénonce désormais ce grand gâchis meurtrier. Blaise Cendrars s’engage comme volontaire en 1914. Après un assaut, le 28 septembre 1915, il est amputé du bras droit. Son roman La Main coupée (1946), celle-là même avec laquelle il écrivait, évoque cette blessure tout en condamnant les idéologies politiques qui menèrent à cette véritable boucherie. Ferdinand Céline dans son Voyage au bout de la nuit (1932) exprime dans une langue parlée et teintée d’argot qui fera date dans la littérature française contemporaine, l’absurdité de ce conflit qui fit plusieurs millions de victimes et qu’il qualifiera « d’abattoir international en folie ».


    Des hommes robots

    Les peintres vont également témoigner de leur époque. Les artistes d’avant-garde ont développé un style qui ne visait pas tant une représentation fidèle des batailles que l’expression d’un sentiment d’horreur. En 1917, dans son tableau La Partie de cartes, Fernand Léger représente des soldats tels des hommes robots, totalement déshumanisés. En effet, dans ce premier conflit moderne, les innovations technologiques permettent de produire en masse les armes nécessaires. Et les hommes deviennent de la chair à canon.
    Plusieurs tableaux du peintre allemand Otto Dix évoquent la guerre et ses séquelles. L’expressionnisme à l’œuvre dans La Tranchée (1918), Invalides de guerre jouant aux cartes (1920) ou Assaut sous les gaz (1924) inspire au spectateur des visions angoissantes d’une grande intensité.

    D’autres disciplines artistiques s’empareront du sujet : le cinéma à partir des années 30, ainsi que la musique. On pense notamment à l’émouvant Concerto pour la main gauche, de Maurice Ravel. En 1932, le pianiste autrichien Paul Wittgenstein, qui avait perdu son bras droit sur le front russe, interprète pour la première fois cette partition qui requiert une grande virtuosité.

    À l’occasion du centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale, plusieurs événements culturels vous invitent à vous remémorer avec force cette période sombre :
    - 1918, L’homme qui titubait dans la guerre à La Ferme des Jeux, Vaux-le-Pénil, les 7 et 8 novembre
    - Les Vibrants aux 26 Couleurs, Saint-Fargeau-Ponthierry, le 10 novembre
    - l’exposition Centenaire de la fin de la 1ère Guerre Mondiale à l’Espace Nino Ferrer, Dammarie-lès-Lys, du 10 au 15 novembre

     

    Claire Teysserre-Orion (TOUTécrit)