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La danse ou l’art de la communication silencieuse

Publié le 3 Septembre 2018

Une arabesque, un mouvement de tête ou de jambes… A travers le seul jeu des harmonies (ou désharmonies) corporelles, les danseurs parviennent à nous émouvoir et à nous transporter dans un univers imaginaire.

  • « La danse est le langage caché de l’âme », affirmait la célèbre chorégraphe américaine Martha Graham. Cet art du mouvement, destiné - par le seul jeu du langage corporel - à transmettre des émotions, des idées ou à raconter des histoires, fait intrinsèquement partie du vivant. Ses origines remontent d’ailleurs aux temps paléolithiques, puisque les parois des anciennes grottes d’Europe sont ornées de peintures de sorciers et chasseurs masqués en train de danser. Dans les civilisations ancestrales, cette activité revêt des significations multiples : rite initiatique, expression de la hiérarchie sociale, invocation religieuse, voire mystique. C’est ainsi, grâce à une succession de trépignements, déhanchements, balancements et tournoiements, que les chamans sibériens sont censés prendre contact avec les génies ou que les Bataks de Sumatra sont envahis par l’esprit des morts.

    De la virtuosité à l’inventivité

    Au fil du temps, la discipline n’a cessé d’évoluer et de se renouveler, faisant naître de nouvelles sensations. Le tango, apparu à la fin du XIXe siècle dans les maisons closes de Buenos Aires, est par excellence la danse du désir. Le temps d’un morceau au son des bandonéons, les partenaires dialoguent en silence, buste contre buste, écrivant ensemble une histoire d’amour éphémère...

    Au début du XXe, la danse moderne, née en opposition au formalisme de la danse classique, révolutionne le genre : les artistes se libèrent des pointes et du tutu et se laissent porter par leurs mouvements. La virtuosité technique s’efface au bénéfice de l’inventivité et les chorégraphies s’emploient à représenter non plus seulement les émotions extrêmes (la joie, le chagrin, le désir, etc.) mais aussi celles plus subtiles, telles que la culpabilité, le remords ou l’angoisse. La pionnière de ce mouvement artistique est Isadora Duncan : pieds nus et vêtue d’une simple tunique, la chorégraphe américaine traduit dans ses gestes fluides et ondulants ses sentiments les plus profonds. « Ma première idée du mouvement de la danse vient du rythme des vagues », expliquait l’artiste, dont la technique inspira plusieurs générations.

    Dans l’inspiration des pulsions du corps

    Avec la danse contemporaine, incarnée par des artistes comme Merce Cunningham ou Carolyn Carlson, la chorégraphie devient un foisonnement de langages personnels et introspectifs. L’Allemande Pina Bausch élaborait ainsi ses ballets en fonction des pulsions du corps humain. Elle allait puiser dans l’intimité de ses danseurs pour créer un mouvement ou donner corps à une idée. Elle emmenait d’ailleurs sa compagnie du Tanztheater aux quatre coins du monde pour se nourrir de la vie quotidienne locale et engranger des impressions que les artistes traduisaient ensuite en propositions chorégraphiques. « Ce n’est pas la manière dont les gens bougent qui m’intéresse, disait Pina Bausch, mais ce qui les fait bouger. »

    Découvrez la pièce chorégraphique « Ballet Bar », où s’entremêlent les influences hip-hop, charleston ou encore tango lors de l’Ouverture de la saison culturelle de la Ville de Melun, samedi 22 septembre.   

     

    Par Natacha Czerwinski (TOUTécrit).