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Kliclo, artiste plasticienne

Publié le 21 Février 2017

La mémoire comme colonne vertébrale et l'avenir comme ligne de mire : avec son exposition « Balade en roues libres », Kliclo signe le renouveau de son œuvre. Explications en compagnie de l'artiste. 

  • Votre travail porte sur la trace...

    Ma démarche artistique est, à l’origine, partie de l’après-Shoah. Cette immense catastrophe a bouleversé l’humanité dans son rapport à l’autre. J’essaie toujours de comprendre pourquoi des hommes ont eu le besoin d’en réduire d’autres au silence, en effaçant toutes traces de leur existence. Mais il faut choisir la vie, bien que guerres et violences n’en finissent pas de se répéter. Mon travail, dont la conception évolue, évoque donc avant tout la mémoire collective. Il fait écho à d’autres traumatismes, à d’autres douleurs, à d’autres questions et, in fine, à quelque chose d’universel. Ainsi, un jour, un homme, très touché, m’a dit qu’une de mes toiles l’avait amené à se demander ce qui resterait de lui quand il ne serait plus là.

     

    Auriez-vous pu choisir une autre voie ?

    J’ai grandi dans un atelier et j’ai été shootée à la térébenthine depuis le biberon ! J’ai aussi été danseuse et archéologue, deux disciplines qui entretiennent des liens avec la mémoire. Mais je me suis rendue compte que, pour aller au bout d’une expression, il ne fallait faire que ça. J’ai donc choisi de rester dans ce qui me construit depuis toujours et m’habite complètement.

     

    Comment abordez-vous la préparation d’une exposition ?

    Toutes mes expositions personnelles sont des moments particuliers, faisant évoluer mon œuvre au gré de grandes bousculades, de chocs et d’entrechocs. Je m’adapte à l’espace où prendront place mes œuvres et j’en crée de nouvelles en fonction des lieux. Je mets au point une mise en scène, où la lumière et l’architecture jouent un rôle important. J’essaie ainsi de ne pas me répéter.

     

     Qu’allez-vous proposer au public de l’espace Saint-Jean, à Melun ?

    Pour cette exposition, j’ai été notamment inspirée par un récent voyage en Afrique et, en particulier, par la forêt vierge. J’ai été bouleversée par ce milieu dense, obscur et mystérieux. L’exposition comprendra d’anciennes œuvres, comme mes pellicules géantes de toile brute peinte, des pavés et des lettres, mais aussi de nouvelles venues, dont des roues, symboles du mouvement perpétuel et du temps. Elle accueillera également un arbre, porteur de renouveau. De la fin d’un monde au réveil d’un autre...