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Germaine Bouret
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Il était une fois… les contes de Perrault

Publié le 26 Mars 2018

En publiant, en 1697, un recueil de contes d’abord destiné à ses propres enfants, Charles Perrault était loin d’imaginer que son œuvre traverserait les siècles. De Cendrillon à Barbe-Bleue en passant par le Petit Poucet, ses textes sont devenus des classiques, plus complexes qu’il n’y paraît…

  • Le doodle n’était pas passé inaperçu : en janvier 2016, à l’occasion des 388 ans de sa naissance, Google avait rendu hommage à Charles Perrault en mettant en scène plusieurs de ses contes les plus célèbres. C’est dire si l’écrivain français du XVIIe siècle a traversé les époques et les frontières. Malgré sa production littéraire foisonnante, faite de poèmes et d’œuvres d’analyse (notamment le fameux Parallèle des Anciens et des Modernes), c’est en tant que conteur que Charles Perrault (1628-1703) est entré dans l’histoire.

    Publié sur le tard, en 1697, son recueil intitulé Histoires ou Contes du temps passé (ou Contes de ma mère l’Oye) rassemble huit contes en prose (Le Petit Chaperon Rouge, Le Petit Poucet, La Belle au Bois Dormant, Cendrillon, Le Chat botté, Riquet à la houppe, La Barbe-Bleue et Les Fées) appartenant pour la plupart à la tradition orale. Avec ces textes, d’abord destinés à ses propres enfants, l’auteur a fait un travail de collecte et d’écriture, restituant par des effets de style la simplicité du ton populaire. Il a également donné à ces histoires une dimension pédagogique et morale. Dans Le Petit Chaperon rouge, qui finit dévoré par le loup après un célèbre dialogue qui a fait frémir des générations d’enfants, Perrault met ainsi en garde contre l’imprudence et les fausses apparences. " Car tous les loups ne sont pas de la même sorte. Il en est d’une humeur accorte, sans bruit, sans fiel et sans courroux (…). Mais hélas ! Qui ne sait que ces loups doucereux, de tous les loups sont les plus dangereux ", écrit-il, dans un propos qui reste d’une étonnante modernité.

    Retour en force au XIXe siècle

    Si tous ces textes sont devenus des classiques, c’est aussi parce que, sous leurs dehors simplistes, ils abordent des sujets graves, telles les relations familiales complexes, les peurs refoulées ou les difficultés de la vie. Dans Le Petit Poucet, c’est la misère qui pousse les parents à abandonner leurs enfants dans la forêt. Dans Cendrillon, c’est parce que son père, veuf, se remarie, que l’héroïne se retrouve aux prises avec une belle-mère acariâtre et ses deux demi-sœurs odieuses. Quant à Peau d’Ane (Perrault en a proposé une version en rimes dès 1694), c’est pour échapper à la relation incestueuse avec son père que la jeune fille invente toutes sortes de stratagèmes.

    Ignorés au cours du Siècle des Lumières, les contes de Perrault sont revenus en force dans la seconde moitié du XIXe, où la mode, dans les familles bourgeoises, était de lire des histoires aux enfants. Depuis, leur succès ne s’est pas démenti et, du cinéma à la littérature, ils ne cessent d’inspirer artistes, illustrateurs et auteurs.

    La compagnie Les Nomadesques propose une version haute en couleur du Chat Botté, le 18 avril, à Dammarie-lès-Lys (à partir de 5 ans).

    Par Natacha Czerwinski (TOUTécrit)