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Corneille, pionnier de la tragédie moderne

Publié le 14 Mars 2019

Reconnu comme l’un des plus grands dramaturges français, l’auteur du Cid a vécu à une époque où se construisaient les règles du théâtre classique, ce qui ne fut pas pour lui une sinécure. En attendant la représentation du vendredi 29 mars à l’Espace Nino Ferrer de Dammarie-lès-Lys, aprenez-en plus sur cet auteur français du XVIIè siècle.

  • Pierre Corneille

    Un choix cronélien

    Rares sont les auteurs pouvant se prévaloir d’avoir inspiré une expression française. Pierre Corneille, dramaturge du XVIIe siècle, a tant excellé à raconter d’insolubles dilemmes, qu’aujourd’hui encore, nous utilisons l’expression “choix cornélien”, quitte à édulcorer quelque peu son origine.

    Insurmontable contradiction

    Rappelons que les personnages imaginés par l’auteur français font face à des contradictions qui semblent insurmontables, et dont les invariables thèmes sont l’honneur et les sentiments. Les choix auxquels ils sont confrontés peuvent être qualifiés de dilemme: quel qu’il soit, il aura des conséquences négatives. Dans Le Cid (1637), si Rodrigue tue le père de Chimène, il perdra inexorablement l’amour de sa promise. Mais s’il refuse de défendre l’honneur familial, ne deviendra-t-il pas un lâche ?

    Bien souvent, la raison prévaut aux choix des personnages de Corneille : Rodrigue finira par accomplir son crime ; Horace (1640) honorera son devoir patriotique en tuant trois amis ainsi que sa sœur ; Polyeucte (1641) préfèrera Dieu à son épouse. À n’en pas douter, l’honneur est une valeur cardinale pour Corneille, s’inscrivant parfaitement dans ce que l’on appelle le Grand Siècle. C’est à cette période, l’une des plus riches de l’histoire de France, que les codes du théâtre classique s’établissent, donnant lieu à quelques querelles, dont celle dite "du Cid".

    Et une querelle plus tard

    À la suite des premières représentations de la pièce, certains de ses confrères attaquent Corneille arguant qu’il n’aurait pas respecté la règle des trois unités (action, temps, lieu). De plus, il a osé s’inspirer d’un sujet espagnol (Le Cid provient d’une œuvre de Guillén de Castro) plutôt que de puiser dans le très respecté répertoire de l’Antiquité. À la demande de Richelieu, alors premier ministre, la toute jeune Académie française s’en mêle. Celle-ci alourdit la peine de Corneille d’un nouveau grief car il a enfreint la règle majeure du théâtre classique: la vraisemblance.

    Car comment Chimène peut-elle avouer au meurtrier de son père qu’elle l’aime encore ? Corneille ne s’embarrasse pas de ces considérations, car il soutient que le poème dramatique a pour première ambition le plaisir. Passions, situations inextricables, héros qui forcent l’admiration... Les meilleurs thèmes sont ceux qui transportent le public par le spectacle d’événements inouïs. Cette controverse n’empêcha pas la pièce de connaître un immense succès.

    À votre tour, venez goûter à la passion et aux dilemmes qui ont émaillé le XVIIe siècle, avec la représentation du Cid par la compagnie du Grenier de Babouchka, le vendredi 29 mars prochain à l’Espace Nino Ferrer de Dammarie-lès-Lys.

    Claire Teysserre-Orion (TOUTécrit)