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Cette symphonie qui commença par un scandale...

Publié le 22 Mai 2019

Avant même que le public ne découvre pour la première fois La Symphonie du Nouveau Monde, son compositeur Antonín Dvorák a suscité un tollé en s’intéressant à la musique afro-américaine. Découvrez ce chef-d'œuvre le dimanche 16 juin à La Rochette.

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    La Symphonie du Nouveau Monde

    " J’en suis maintenant convaincu, l’avenir de la musique de ce pays s’appuiera sur ce que l’on appelle les mélodies noires. J’y ai découvert tout ce dont j’ai besoin pour imaginer une grande et noble musique qui peut faire école. " En 1893, ces propos d’Antonín Dvorák, publiés dans le New York Herald, ne tardent pas à faire le tour du monde et à enflammer les débats. Les musiciens européens se disent indignés ou intéressés, tandis que l’opinion américaine, empreinte de préjugés racistes, est choquée par une telle désinvolture. Pourtant, personne n’a encore entendu une seule note de la Symphonie du Nouveau Monde, une commande faite au compositeur tchèque censée devenir la référence de la culture musicale américaine.

    Figure du romantisme

    Dvorák n’est pas un inconnu lorsqu’il est nommé à la tête du Conservatoire national de New York, en 1892. Pur produit du courant romantique allemand, sa réputation est déjà établie, notamment en Angleterre et en Rus­sie. D’où vient alors l’intuition qu’il confesse dans les colonnes du journal local ? La réponse se trouve peut-être dans son entourage professionnel et dans les influences qui n’ont pas manqué de le nourrir. De jeunes musiciens afro-américains, tels Maurice Arnold Strothotte ou Will Marion Cook, assistent en effet à la classe de composition que Dvorak donne au Conservatoire, tandis que l’assistant du compositeur, Harley T.Burleigh, s’empresse de lui faire découvrir les negro spirituals, que l’on retrouvera ensuite dans la fameuse symphonie.

    Une première qui fait sensation

    Dvorák mettra seulement quatre mois pour écrire son œuvre. La rumeur se demande à quoi pourra bien ressembler cette symphonie américaine, inspirée par des airs populaires noirs et écrite par un Tchèque…

    Le 16 décembre 1893, au Carnegie Hall de New York, les premières notes résonnent enfin : les cors évoquent les sirènes des navires dans le port puis l’effervescence de la ville. Dans la salle, les spectateurs s’impatientent jusqu’à l’issue du deuxième mouvement, qui les transporte dans les grandes plaines américaines, avant de laisser éclater leur enthousiasme. Les deux derniers mouvements évoquent un autre pan de l’histoire des États-Unis, puisqu’ils ont été inspirés par le poème épique " The Song of Hiawatha ", qui raconte la vie d’un Indien. Présent le jour de la représentation, Dvorák est acclamé. Le succès de sa Symphonie du Nouveau Monde ne fait que commencer...

    Claire Teysserre-Orion (TOUTécrit)