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Cette immortelle légende du Roi Arthur…

Publié le 3 Décembre 2018

Depuis plus de 900 ans, cette histoire qui s’est construite par ajouts et aménagements successifs, ne cesse de fasciner l’Occident. Et d’alimenter la littérature, le cinéma et la télévision.

  • Qui ne connaît pas le Roi Arthur, sa quête effrénée du Graal, son épée magique Excalibur, ses preux chevaliers réunis autour de la Table Ronde ? Si la légende nous est familière, elle n’a cessé d’être enrichie et réinterprétée au fil des siècles. « Il n’y a pas de pur mythe arthurien », explique l’historien William Blanc, auteur de l’ouvrage Le Roi Arthur - Un mythe contemporain (éditions Libertalia). Le personnage lui-même est cité pour la première fois dans un court texte datant du IXe siècle, l’Historia Britonum. L’auteur, le moine Nennius, présente Arthur comme un chef militaire qui, au début du VIe siècle, prend la tête de la résistance galloise face aux envahisseurs saxons. Après plusieurs victoires, le valeureux guerrier meurt au cours d’une bataille et son corps n’est jamais retrouvé.

    Animaux fantastiques et géants maléfiques

    Ce récit sommaire commence à gagner en densité grâce aux conteurs. Puis, après une première réécriture de l’Historia en 1135 par Geoffroi de Monmouth, Robert Wace, un moine anglo-normand, adapte le texte en langue romane. Dans Le Roman de Brut, le récit s’organise essentiellement autour d’Arthur : il y est question de sa naissance extraordinaire (c’est grâce aux dons de magicien de Merlin que le père d’Arthur, Uterpandragon, séduit la belle Ygerne, la femme de son vassal), de ses guerres contre les Saxons et de ses conquêtes. La figure d’Arthur s’impose alors comme symbole de puissance et de gloire.

    Ainsi transformée, la légende est reprise au XIIe siècle par Chrétien de Troyes, véritable fondateur de la littérature arthurienne française. L’auteur se sert de cet univers pour mettre en scène un idéal aristocratique mêlant chevalerie, amour courtois et aspirations religieuses. Dans ses romans (notamment Lancelot ou le Chevalier à la Charrette et Yvain ou le Chevalier au Lion), les héros doivent affronter des animaux fantastiques, des nains rusés et des géants maléfiques. Entre deux aventures, les chevaliers reviennent à la cour, où les plus valeureux prennent place autour de la Table Ronde. C’est aussi Chrétien de Troyes qui, le premier, évoque le Graal, même si c’est l’écrivain Robert de Boron qui, au début du XIIIe siècle, en fait la coupe qui a servi à l’Eucharistie et a recueilli le sang du Christ.

    Quand Wagner ressuscite la légende…

    Oublié lors de la Renaissance, le mythe est retrouvé par les Romantiques, et notamment Richard Wagner qui s’en inspire pour ses opéras Parsifal et Tristan et Isolde. Mais c’est surtout après la Deuxième Guerre mondiale, avec la culture populaire américaine, que le Roi Arthur retrouve une seconde jeunesse. Depuis, entre le cinéma, la télévision, la bande dessinée, les jeux vidéo et même la comédie musicale, chaque créateur en propose sa propre vision, qu’elle soit “sérieuse” ou décalée. Personne n’a oublié le cultissime Sacré Graal, des Monty Python ! Plus récemment, avec sa série Kaamelott, Alexandre Astier a lui aussi puisé dans l’imaginaire arthurien pour brosser une galerie de personnages aussi improbables qu’attachants.

    Et pour faire perdurer le mythe, ne manquez pas le spectacle de magie “ Merlin, la légende, Arthur et la Fée Maléfique ”, le dimanche 16 décembre, à l’Espace Nino Ferrer de Dammarie-les-Lys.

     

    Natacha Czerwinski (TOUTécrit)