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Carmen, la scandaleuse

Publié le 27 Novembre 2018

Depuis sa création en 1875, l'opéra-comique de Georges Bizet, maintes fois revisité, a provoqué de nombreuses indignations. Petit florilège des adaptations plus ou moins réussies…

  • Intemporelle, indémodable mais sulfureuse ! Prosper Mérimée, l’auteur de Carmen, n’imaginait sans doute pas un tel destin pour son héroïne. En 1875, lorsque l’opéra-comique en quatre actes de Georges Bizet est joué pour la première fois, le public est choqué par l’histoire de cette bohémienne, femme fatale, qui parvient à charmer le brigadier Don José. La critique, mouillée d’acide, juge l’adaptation vulgaire. " Il faut la bâillonner et mettre un terme à ses coups de hanches effrénés en l’enfermant dans une camisole de force ", écrit le musicologue Oscar Commettant dans le journal Le Siècle. Pour calmer les ardeurs, Bizet introduit le personnage de Micaëla, la fiancée de Don José. Peine perdue ! Le meurtre de Carmen par son amant ne passe pas. On reproche à l’auteur de transgresser les codes de l’opéra-comique. Malgré tout, la pièce tiendra l’affiche jusqu’au terme des représentations. Aussi sulfureux soit-il, le chef-d’œuvre de Bizet sera adapté à maintes reprises. Décédé trois mois après la première, l’intéressé n’en verra jamais le succès. En 1982, son œuvre est interprétée pour la première fois à Pékin dans une version "soft", débarrassée de ses attributs transgressifs : pas de décolletés, ni de baisers échangés. L’accueil est triomphal ! Pourtant, ici ou là, il n’est pas rare que les représentations enflamment les débats et les critiques qui n’ont pas de mots assez durs à l’encontre de cette Carmen qui attise toujours les passions.


    Une œuvre qui choque encore

    Controversée, la “belle” continue d’exalter les susceptibilités, heurtant les tenants d’un certain classicisme. En 2012, l’audacieux Olivier Py en fera les frais. Revisitant l’œuvre, il fait de l’héroïne une danseuse de Crazy Horse et transforme ses amis en drag-queens. Un risque artistique qui sera diversement apprécié… La même année, Yves Beaumesne se fait huer en osant métamorphoser la brune andalouse en blonde. Et que dire des libertés prises par la récente mise en scène de Leo Muscato ? Ici, la cigarettière ne succombe pas aux coups de Don José, mais elle se relève et l’abat. Crime de lèse-majesté ! L’auteur sera sifflé et conspué dans de nombreuses salles, partout en Europe.
    Fort heureusement, d’autres versions susciteront moins de controverses, à l’instar du film éponyme de Carlo Saura (1983) ou, plus récemment, du spectacle Carmen(s) de José Montalvo. Qu’en sera-t-il de la prochaine adaptation cinématographique du chorégraphe Benjamin Millepied ?


    La compagnie Flamenco Vivo devrait recueillir l’adhésion du public, le 6 décembre à Melun, avec Carmen Flamenco, un spectacle qui mêle chant lyrique, théâtre, cante et danse flamenco.

     

    Sarah Barbier (TOUTécrit)