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Bois tourné, la magie de la courbe

Publié le 17 Avril 2018

Longtemps pratiqué pour fabriquer des objets du quotidien, l’art ancestral du tournage sur bois est réinvesti par des créateurs passionnés, qui lui redonnent ses lettres de noblesse.

  • Bougeoirs, pieds de tables, balustres, assiettes, saladiers, bols, manches d’outils : nombre d’objets du quotidien ont été façonnés au moyen d’un tour sur bois, jusque dans les années 50. Dans le domaine de l’artisanat d’art, cette pratique qui était très ancrée dans le Jura et la Chartreuse reste encore méconnue du grand public, malgré les initiatives d’un carré de passionnés pour lui redonner vie.
    " Nous avons créé l’Association française des tourneurs d’art sur bois (AFTAB) en 1997, après nos échanges avec des tourneurs d’art américains qui étaient déjà très investis dans la sphère artistique depuis plus d’un demi-siècle ", explique Pascal Oudet, le président de cette association qui compte 300 membres, dont une soixantaine de professionnels.

    Avant cela, les pièces en bois tourné étaient très en vogue auprès de la noblesse, aux XVIIème et XVIIIème siècles. Deux techniques cohabitaient : le tournage ornemental pour la création de pièces très géométriques, comme les classiques boules ajourées et imbriquées, en buis et en ivoire ; et le tournage dit rond, pour façonner ustensiles de cuisine, bols et autres saladiers, dont les formes incurvées encensent la beauté naturelle de la matière. Pour autant, les premiers bois tournés découverts en France dateraient de 1 400 ans avant J-C.

    Exploiter la quintessence de la matière brute   

    Cet art est aujourd’hui pratiqué par des orfèvres au savoir-faire pluriel, qui requiert dextérité, précision du geste et une excellente connaissance des essences, car toutes n’ont pas les mêmes propriétés. Chêne, châtaignier, merisier, abricotier, pommier, cerisier mais aussi sapin, hêtre, érable, mélèze ou bois exotiques, aucune n’est impropre au tournage dès lors que l’artiste sait en "exploiter" la quintessence. A l’instar du potier, il va utiliser un tour manuel ou électrique pour dessiner la forme de la pièce souhaitée, qui sera forcément unique.
    Nombre d’entre eux, tels Alain Mailland ou Jean-Dominique Denis, deux des meilleurs créateurs contemporains, vont d’abord façonner une ébauche qui sera ensuite retravaillée en meulage ou en fraisage manuel afin d’obtenir un effet sablé, brûlé ou brossé. Sous les doigts experts de l’artisan, le bois va alors peu à peu changer d’aspect, de texture, voire de couleur. Tout étant affaire de créativité. Et celle des tourneurs français est mondialement reconnue !    


    Une raison de plus pour découvrir l’exposition qui est consacrée à cet art ancestral, du 4 mai au 6 juin, du mardi au samedi (de 13h à 18h), à l’espace Saint-Jean de Melun.   


    Par Judith Bregman (TOUTécrit)