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Au Panthéon du flamenco

Publié le 2 Janvier 2019

Né en Andalousie à la fin du XVIIIème siècle, cet art unique issu de la fusion du chant (cante), de la danse (baile) et de l’accompagnement musical (toque), a été façonné, au fil de l’histoire, par des artistes aux styles très différents.

  • Les talons résonnent, les mains claquent et les robes virevoltent. Emportés par le rythme saccadé de la guitare et la voix profonde du cantaor, danseurs et danseuses enchaînent d’élégants mouvements de bras et de jambes, l’émotion à fleur de peau. Reconnaissable entre mille, le flamenco, qui est inscrit au patrimoine culturel de l’UNESCO depuis 2010, a traversé les générations. Si, dès le XIXème siècle, on compte quelques artistes précurseurs, comme Antonio Monge Rivero (dit El Planeta) et Tio Luis el de la Juliana, c’est au début du XXème qu’émergent véritablement les " stars " du genre, notamment grâce aux cafés cantantes (cafés-concerts).


    Une voix déclarée " bien d’intérêt culturel "

    C’est là que Pastora Pavón Cruz, dite " La Niña de Los Peines ", aujourd’hui considérée comme la plus grande chanteuse de flamenco de tous les temps, s’est fait connaître. Née à Séville en 1890, " la petite fille aux peignes " n’a que 8 ans quand elle commence à chanter en public. Son timbre particulier et son sens du rythme ne passent pas inaperçus : dès 1910, elle enregistre ses premiers titres, puis elle participe, en 1922, au fameux concours de  " cante jondo " (chant profond) organisé à Grenade par de grands noms des arts et des lettres, tels le compositeur Manuel de Falla et le poète Federico Garcia Lorca. Elle y gagnera définitivement ses galons. L’apport de La Niña à la culture espagnole est tel que sa voix a été déclarée " bien d’intérêt culturel " en 1996 par le gouvernement andalou.

    Ce même concours révèlera aussi Manuel Ortega Juarez, dit Manolo Caracol. Descendant d’El Planeta, ce jeune sévillan né en 1909 se consacre, dans un premier temps, au théâtre. Les numéros qu’il présente, aux côtés de La Niña de los Peines et de Pepe Pinto, mêlent danse, musique, chant et théâtre. Ses véritables débuts de cantaor n’auront lieu qu’en 1944, avec celle qui sera sa partenaire artistique pendant plus de dix ans, Lola Flores, plus connue sous le surnom de La Faraona.

    " Le chanteur est comme le torero "

    Plus récemment, José Monje Cruz, dit Camarón de la Isla, a également contribué à révolutionner cet art complet. Le chanteur, décédé en 1992 à 42 ans, est l’une des figures modernes les plus influentes et populaires du flamenco. La " crevette de l’île ", ainsi baptisée en raison de sa rousseur et de sa maigreur, a créé, avec le grand guitariste Tomatito, le style du flamenco rock gitan. Son album Soy gitano, enregistré en 1989, est le disque le plus vendu de toute l’histoire du flamenco. "Le chanteur est comme le torero. Lui seul sait ce qu’il sent ", disait l’artiste, qui a notamment collaboré avec la grande danseuse Manuela Carrasco. Primée à de nombreuses reprises,cette bailaora autodidacte a reçu, en 2018, le " prix Nobel de flamenco " décerné par la Fondation Cruzcampo.

    Laissez-vous envoûter par l’univers du flamenco avec la danseuse Déborah Dawson-Mourocq, dite La Caramelita, qui se produira le 26 janvier, à Saint-Fargeau-Ponthierry.

    Par Natacha Czerwinski (TOUTécrit)